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samedi 19 août 2017

"Jackie Herrou : « Le pouvoir condamne Cédric par vengeance »" et "Cédric Herrou réagit à sa condamnation"

 Deux articles aujourd'hui : le premier c'est la maman de Cédric Herrou qui donne son avis sur la condamnation de son fils et le second c'est Cédric qui réagit à cette même condamnation


Jackie Herrou : 

« Le pouvoir condamne Cédric 

par vengeance »



Entretien réalisé par Émilien Urbach
Mercredi, 9 Août, 2017
L'Humanité



Cédric Herrou a écopé, hier en appel, de quatre mois de prison avec sursis, pour « délit de solidarité » avec les exilés. Sa mère réagit.

Sa grand-mère, italienne, est passée par les vallées transfrontalières pour immigrer en France. Sa mère, elle, a connu les geôles nazies. Jackie Herrou se dit « écœurée » par la condamnation de son fils, Cédric, pour être venu en aide à ceux qui fuient les guerres et la pauvreté. L’agriculteur est condamné à quatre mois de prison avec sursis et doit payer, à la SNCF, 1  000 euros de réparation pour avoir tenté d’héberger, dans des locaux abandonnés appartenant à l’entreprise, des exilés africains. Ce verdict, qualifié d’« insupportable dérive politique de la justice » par la Ligue des droits de l’homme, suscite l’indignation. Europe Écologie-les Verts appelle à « amplifier le mouvement de solidarité » tandis que pour le Parti communiste français « c’est l’État qui doit être condamné, pas Cédric Herrou ». Celle qu’on surnomme « Mama Herrou » fustige, pour sa part, l’aberration d’un tel jugement, assurant qu’il n’entame en rien la détermination des habitants de la Roya.

Votre fils a été condamné hier à une peine de prison. Comment réagissez-vous ?

JACKIE HERROU En tant que mère, je suis soulagée, j’avais peur que ce soit pire, mais la réaction de la citoyenne est l’écœurement. J’ai l’impression que la justice a voulu contenter les dirigeants politiques en leur donnant un petit os à ronger. Cédric héberge encore de nombreux exilés chez lui. Ce sont pour beaucoup de jeunes mineurs qui doivent être pris en charge par l’État et qui ne le sont pas. La situation est aberrante. Le voilà condamné alors que les services de l’État lui demandent directement de pallier leur défaillance.

C’est-à-dire ?

JACKIE HERROU L’Aide sociale à l’enfance lui demande de prendre en charge les mineurs isolés qui arrivent chez lui. On demande à mon fils de les nommer, de faire des recherches sur leur identité, de les garder chez lui le temps que leurs services puissent monter dans la vallée pour les récupérer. Certains restent pendant plusieurs semaines. Il les nourrit, les loge, les soigne. Ils sont entièrement pris en charge par Cédric à la ­demande des services de l’État. Et le préfet le fait condamner en appel. C’est incompréhensible.

Le tribunal accuse Cédric d’agir de façon intéressée parce qu’il y aurait un caractère politique à sa démarche solidaire…

JACKIE HERROU Bien sûr que Cédric fait un acte politique. Mais ce n’est pas un politicien. Il fait de la politique au sens le plus noble du terme. Comment faire autrement ?

Un humaniste…

JACKIE HERROU Cédric est un garçon qui a toujours été très ouvert aux autres. Il a grandi dans le quartier populaire de l’Ariane, à Nice. Ses copains de jeux étaient des enfants de toutes origines. Je l’ai élevé comme ça. Cela ne m’étonne pas qu’ils viennent en aide aux gamins qu’ils croisent sur la route. Il faut voir dans quel état ils arrivent. Certains ont été torturés. C’est normal que Cédric en ait pris dans sa voiture pour les mettre à l’abri. Il ne le fait plus, d’ailleurs. Maintenant, ils viennent tout seuls. Ils savent qu’ils peuvent compter sur lui et sur les habitants de la Roya. Quand Cédric se lève le matin, il compte les nouveaux arrivants.

Pourtant, la police et l’armée quadrillent le secteur.

JACKIE HERROU Oui, et j’imagine l’agacement des autorités. Le déploiement de force dans la vallée de la Roya est impressionnant. Et ça leur coûte de l’argent... On parle de 60 000 euros par jour pour barrer la route des exilés. Il en arrive, malgré tout, tous les jours. 220 personnes sont encore hébergées chez Cédric. On peut comprendre que nos dirigeants soient un peu vexés. Ils essaient de faire passer mon fils pour un voyou ou un profiteur par vengeance.

Quelle conséquence pourrait avoir cette condamnation sur la population de la vallée ?

JACKIE HERROU Certaines personnes vont se réjouir. Les solidaires subissent régulièrement le harcèlement de quelques groupuscules hostiles à l’accueil des exilés. Ce week-end, le pare-brise de la voiture d’une bénévole a été cassé et ses pneus crevés, devant le domicile de Cédric. Mais, dans leur majorité, les gens sont accueillants et, même si les plus actifs commencent à ­fatiguer, la solidarité va continuer.

Source :  https://www.humanite.fr/jackie-herrou-le-pouvoir-condamne-cedric-par-vengeance-640229



Second article : 


Cédric Herrou réagit à sa condamnation

Cédric Herrou
Mardi, 8 Août, 2017
Humanite.fr
Aujourd’hui, en cour d’appel d’Aix, j’ai été condamné à 4 mois avec sursis et à verser 1000€ de dommages et intérêt à la SNCF.

Pour rappel, j’avais été arrêté en octobre 2016 pour « aide à l’entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière ». Il n’y a eu aucune flagrance, et aucun passage de frontière d’octobre à ce jour. Nous nous étions installés dans des locaux de la SNCF, abandonnés depuis plus de 20 ans, avec un collectif d’associations dont Médecins du Monde et Amnesty International ainsi qu’une soixantaine de demandeurs d’asile. Notre revendication : la prise en charge des mineurs isolés par la protection de l’enfance, et permettre aux demandeurs d’asile d’accéder à leurs droits. A aucun moment il ne s’agissait de « cacher » ou de « dissimuler » ces personnes, mais bien au contraire de les montrer pour tirer la sonnette d’alarme.
Force est de constater qu’un an plus tard, la situation n’a pas changé et a même empiré. J’ai actuellement chez moi de nombreux mineurs isolés qui attendent en vain d’être pris en charge par l’Etat français, et des demandeurs d’asile coincés sur mon terrain, qu’on empêche systématiquement d’accéder à leurs droits. S’ils sortent de chez moi, ils sont sûrs d’être arrêtés et d’être reconduits directement en Italie, sans autre forme de procès. Il est grave que le département des Alpes Maritimes, pourtant frontalier à l’Italie, ne dispose d’aucune infrastructure destinée à l’accueil des migrants.
Tous ceux qui veulent me faire passer pour un militant d’extrême gauche, un activiste no border, n’ont rien compris à la situation ici. Il ne s’agit pas d’être pro ou anti-migrants. Les empêcher de passer la frontière est utopique, et tout simplement impossible : tous passent. C’est justement pour cela que nous demandons un contrôle de ces flux, d’éviter la clandestinité des demandeurs d’asile. Notre combat juridique est respectueux des lois de la République française. C’est une lutte légale et juste, à l’image de la France, nation des droits de l’Homme.
Mais ma condamnation ce matin montre bien les limites de l’indépendance de la justice française, et la manipulation politique qui se joue dans les tribunaux. Tandis qu’à l’heure actuelle des bateaux d’extrême droite naviguent sur la Méditerranée pour couler les bateaux des ONG, on incrimine un paysan qui se substitue à la carence de l’Etat. 
Nous alertons Monsieur le président de la République sur les dérives actuelles face au non-respect du droit d’asile dans le département. 
Je n’ai pas le choix de continuer car je considère que c’est mon devoir de citoyen de protéger des personnes en danger. La menace d’emprisonnement ne saurait entraver la liberté que je défends.

 Source : https://www.humanite.fr/cedric-herrou-reagit-sa-condamnation-640248

vendredi 18 août 2017

"Lettre ouverte de la présidente d’ATD Quart Monde au directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles" et "En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté"


Lettre ouverte de la présidente 

d’ATD Quart Monde au directeur 

de la rédaction de Valeurs Actuelles






Suite au dossier de Valeurs actuelles intitulé « Les assistés : comment ils ruinent la France », paru le 29 août 2016, ATD Quart Monde a envoyé une lettre ouverte au directeur de la rédaction du magazine afin de corriger les préjugés.


Montreuil, le 1er septembre 2016

M. Yves de Kerdrel
Directeur de la rédaction – Valeurs actuelles
 24, rue Georges Bizet, 75116, Paris

Monsieur le directeur de la rédaction,

Je découvre avec consternation les articles que vous venez de publier sur papier et sur Internet, intitulés « Profession : assisté ! » et « Voyage au pays des 1 001 allocs ». Les propos tenus sont presque tous erronés. Ils alimentent des discours anciens et trompeurs sur les personnes confrontées à la pauvreté.

Votre comparatif SMIC-RSA qui veut montrer que « les bénéficiaires de prestations sociales sont souvent bien mieux traités que ceux qui travaillent chaque jour » est faux. C’est le contraire qui est vrai : une famille qui travaille perçoit au moins 500 euros mensuels de plus qu’une famille sans emploi.

Vous écrivez que la CMU-C est « fréquemment piratée ». Savez-vous que la fraude à la CMU-C s’élève à 700 000 euros par an selon le Fonds CMU, pour environ 5 millions de bénéficiaires ? Cela équivaut à une fraude annuelle moyenne de 14 centimes par bénéficiaire. Vous parlez de fraude « massive »…

Vous écrivez que « le RSA est l’aide sociale la plus fraudée (70 % des cas) ». La fraude au RSA concerne en réalité moins de 1% des allocataires et s’élève à moins de 40 euros par foyer et par an, pour un total de 100 millions d’euros en 2014. La fraude fiscale atteint 3,18 milliards d’euros.

Des allégations telles que « la France est devenue la patrie mondiale de l’assistanat », « les prestations sociales encouragent à gagner plus en travaillant moins », « la France, championne du monde de la création d’impôts et de taxes », « les bénéficiaires ont des droits mais aucun devoir », « un assisté peut dissimuler un fraudeur », « une telle générosité attire les plus démunis de la planète », « les demandeurs d’asile sont choyés » et « des étrangers qui n’ont jamais travaillé en France touchent des retraites plus élevées que des millions de petits retraités » sont des discours erronés que nous décortiquons en détail, aux côtés de 109 autres, dans notre livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, dont je me permettrai de vous adresser la troisième édition à la fin de ce mois.

La question est de savoir si les pauvres sont victimes ou coupables de leur situation ? La réalité est qu’ils sont doublement victimes : ils sont confrontés à une vie très difficile et en plus ils sont jugés par les autres. Les propos que vous tenez aggravent leur exclusion.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le directeur de la rédaction, mes meilleures salutations.

Claire Hédon, présidente


Source : https://www.atd-quartmonde.fr/lettre-ouverte-de-claire-hedon-presidente-datd-quart-monde-a-yves-de-kerdrel-directeur-de-la-redaction-du-magazine-valeurs-actuelles/






Prix : 5,00 
224 pages


Un livre pour tous les citoyens curieux de comprendre les grandes questions qui agitent nos sociétés, au-delà des apparences et des discours faciles. Cette nouvelle version entièrement mise à jour et augmentée permet de démonter point par point une centaine d’idées reçues sur la pauvreté.

description 
ATD Quart Monde a gagné en 2016 une bataille menée depuis sept ans : la précarité sociale est devenue un critère de discrimination dans la législation française. Ce petit manuel de désintox y a notamment contribué, mais il reste encore beaucoup à faire pour combattre les préjugés, décrypter les mécanismes à l’œuvre et proposer des alternatives.

Plus la crise économique et sociale s’accentue, plus les idées reçues sur les pauvres se répandent. Plus cette crise est présentée comme une catastrophe naturelle, plus ils sont convoqués au tribunal de l’opinion publique : s’ils sont pauvres, ce serait « de leur faute ». « S’ils sont à la rue c’est qu’ils l’ont choisi » ; « La vraie vie, ce n’est pas l’assistance, c’est la réussite des plus aptes » ; « D’ailleurs, s’ils voulaient vraiment chercher du travail, ils en trouveraient »…

Élaboré pour être accessible à un large public et intégralement mis à jour, ce manuel déconstruit des préjugés actuels et répond à 117 idées reçues dont une trentaine inédite. De nouveaux éclairages et des points de vue continuent d’en faire un outil indispensable pour combattre la pauvreté et l’exclusion. Chiffres, documents officiels et travaux de chercheurs à l’appui, ce livre montre que la stigmatisation des pauvres repose non sur des faits avérés mais sur des discours qui masquent les véritables causes de la misère.

extrait 
(Extrait de la préface par Costa-Gavras)

L’humiliation est une chose insupportable

Ma mère me disait souvent : « N’oublie jamais que ceux qui sont repus ne croient pas ceux qui ont faim. » Nous sommes des millions à être repus dans le monde et nous tournons le dos à ceux qui connaissent la précarité et la pauvreté. Ce livre décrit en détail tous ces moments auxquels nous leur tournons le dos et les arguments erronés que nous utilisons.

Avant de réfléchir à la manière dont on peut aider à changer la situation d’une personne, il faut commencer par la respecter et par respecter ses besoins. C’est le premier pas, le plus important et celui que l’on fait rarement. C’est à ce respect qu’invite ce livre, de manière détaillée et surprenante par tout ce qu’on y apprend. Lorsque je l’ai lu, j’ai été surpris et bouleversé.

Notre incapacité personnelle à changer les choses et à résoudre les difficultés qu’affrontent les pauvres nous rend très négatifs, sinon méchants. Se retourner contre eux devient alors comme une consolation. « Ce n’est pas de notre faute, c’est de leur faute à eux », pensons-nous. Il faut au contraire sortir de cette logique qui est très humaine mais erronée. C’est pour cela que je parle avant tout de respect inconditionnel. De ce respect peuvent découler beaucoup de choses.

Dans mon enfance, j’ai vécu des choses très dures. Mon père était engagé pendant la guerre avec le Front de libération nationale fondé par le parti communiste. Quand la monarchie est revenue en Grèce après-guerre, les gens qui faisaient partie de la petite classe moyenne comme nous ont perdu leur travail. J’étais alors adolescent, je prenais conscience de la vie et des choses. J’ai ressenti tout le mépris et le rejet que ma famille suscitait, comme si les gens nous disaient : « Laissez-nous en paix, dans notre tranquillité de repus », même des gens à qui nous ne demandions rien.

La pire chose que les pauvres doivent ressentir, en dehors des manques matériels, c’est certainement l’humiliation. Le mépris que l’on vous porte pour une situation que vous n’avez pas choisie est une chose insupportable.


Source : https://www.atd-quartmonde.fr/produit/en-finir-avec-les-idees-fausses-sur-les-pauvres-et-la-pauvrete/


jeudi 17 août 2017

A la porte de la Chapelle, la crise humanitaire est loin d’être résolue

Nouvelle évacuation ce matin, vendredi 18 août, la 35ème en deux ans dans la capitale

http://www.europe1.fr/societe/migrants-operation-devacuation-de-campements-installes-porte-de-la-chapelle-a-paris-3413687

A la porte de la Chapelle, 

la crise humanitaire 

est loin d’être résolue

Par Tanguy Garrel-Jaffrelot — 10 août 2017 à 07:10 

 

En juillet au camp de la Chapelle, à Paris. Photo Eric Feferberg. AFP

Le 7 juillet, près de 2 800 migrants qui campaient porte de la Chapelle ont été évacués et mis à l'abri. Selon les associations, entre 800 et 1 000 personnes dorment de nouveau à la rue dans ce quartier.

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Un mois après l’évacuation du campement de la porte de la Chapelle, des dizaines de tentes sont de nouveau visibles dans la pénombre des ponts de ce quartier parisien. Installés sur le terre-plein central et sur le chantier de la ligne de tram, les réfugiés tentent de trouver le sommeil mais le bourdonnement permanent du périph les empêche de fermer l’œil. Une odeur d’urine imprègne l’air ambiant et des déchets jonchent le sol. La fumée, la pollution et la poussière rendent l’air difficilement respirable.

Bidonville en plein Paris, le camp de la porte de la Chapelle s’est constitué au fil du temps autour d’un centre d’hébergement ouvert en novembre 2016 et censé accueillir les demandeurs d’asile arrivant pour la première fois dans la capitale. Il était prévu que les primo-arrivants restent pour un maximum de deux semaines avant d’être redirigés vers d’autres structures d’accueil. En théorie seulement. Dans la réalité, ils restent bien plus longtemps parce que l’Etat n’a pas créé ailleurs les places en nombre suffisant pour que cette rotation soit possible.

Avec seulement 400 places, le centre s’est vite avéré sous-dimensionné. 90 entrées pour 50 sorties ces derniers jours. A l’extérieur, plusieurs campements informels se sont formés où les réfugiés vivent dans des conditions d’hygiène déplorables. Le 7 juillet, près de 2 800 migrants, dont beaucoup de réfugiés venant du Soudan et d’Afghanistan, ont été évacués vers des gymnases de la région parisienne.

Un mois plus tard, la situation n’est toujours pas résolue. Avec une cinquantaine d’arrivées par jour, les associations présentes sur place estiment qu’entre 800 et 1 000 personnes dorment à la rue.

Une nouvelle évacuation


De plus en plus de couples avec de jeunes enfants vivent dans ces campements de fortune et les mineurs isolés sont loin d’être tous pris en charge. L’épidémie de gale est toujours présente et les réfugiés n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments pour se soigner. « La situation va amener à une nouvelle évacuation. Ce ne sera que la 35ème dans la capitale en deux ans » affirme, dépité, Pierre Henry, le directeur général de France terre d’asile, l’association en charge des maraudes dans le quartier.

Chaque matin, le même spectacle de désespoir se répète. Plusieurs centaines de jeunes hommes font la queue pour obtenir un petit-déjeuner. La mine fatiguée et le visage amaigri, ils espèrent obtenir un café et quelques gâteaux secs. L’effervescence est visible car la nourriture est rare.

Cela fait maintenant deux semaines que Wedebat est arrivé en France et dort à la rue. Agé de 34 ans, il a dû fuir l’Erythrée et quitter sa femme ainsi que ses deux enfants de 5 et 6 ans, victime de persécutions politiques. Par chance, il est parvenu à trouver un matelas dans les poubelles du quartier. Une association lui a fourni une tente pour s’abriter de la pluie.

Avec un repas par jour, la faim est omniprésente mais le jeune homme conserve un large sourire : « La situation est mauvaise ici, mais en Erythrée c’était pire. Notre gouvernement est ultra-violent, ce n’est pas comme ici. Mon pays n’est pas sûr. Ici, au moins on est libre », explique le demandeur d’asile. Sans papiers, sans argent, sans tickets de métro, les demandeurs d’asile sont condamnés à errer dans ce bidonville situé à proximité d’un centre de désintoxication et d’une décharge.

En février, prétextant des travaux, la mairie de Paris a installé des rochers sur les terre-pleins jouxtant le périphérique pour empêcher les campements, mais les réfugiés ont fait avec. Les associations n’en restent pas moins indignées : « Ces pierres n’ont fait que déplacer les migrants mais il faut bien que ces gens dorment quelque part. C’est comme mettre des pics pour les pigeons pour faire fuir les nuisibles », estime Mafi Pulula, étudiante à Nanterre et bénévole au sein de l’association Solidarité migrants Wilson.

Camping et insalubrité en plein Paris


Sur les barrières et sur les bouches d’aération du métro, les migrants tentent de faire sécher leurs affaires. Derrière quelques poubelles, un homme nu se lave tandis que d’autres se brossent les dents en slalomant entre les voitures. Après avoir bataillé pendant sept mois pour l’installation de toilettes et de points d’accès à l’eau potable, l’association Utopia56 a finalement eu gain de cause : la mairie de Paris a accepté de mettre à disposition des sanitaires et des fontaines. Mais les 5 toilettes, 2 fontaines et la dizaine d’urinoirs restent largement insuffisants pour le millier de sans-abris vivant sur place. La Ville de Paris se refuse également à installer des douches publiques, malgré la fermeture pendant plusieurs mois des bains publics de la Chapelle. « Un campement de rue est intolérable et insalubre mais la partie Etat du contrat n’a pas été respectée. Sachez que la mise à l’abri ne fait pas partie des compétences de la Ville en théorie. C’est une prérogative de l’Etat » se justifie-t-on à l’hôtel de Ville.

Face à l’inaction de l’Etat, un réseau de solidarité citoyen s’est mis en place entre les habitants du quartier. Le comité solidarité migrants Wilson offre donc le petit-déjeuner aux réfugiés mais également aux quelques prostitués et SDF qui viennent les voir. Les Restos du cœur et le Secours populaire leur prêtent bien main-forte mais c’est insuffisant : les bénévoles mettent de leur poche pour payer la confiture, le café et le sucre.

La Mairie de Paris a accepté de mettre un local à disposition pour stocker les aliments. « Ils ont compris que s’ils ne nous soutenaient pas, des gens allaient mourir de faim », explique Anne-Marie Bredin, responsable logistique. Une question reste en suspens : le centre de la porte de la Chapelle étant censé fermer ses portes en mars, qu’adviendra-t-il des réfugiés ?

Un plan migrant incomplet


Pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron avait promis de réformer la procédure de demande d’asile afin de limiter les délais d’attente de quatorze à six mois. Fin juin, le président a rappelé lors du Conseil européen qu’il faut « accueillir des réfugiés car c’est notre tradition et notre honneur » avant d’ajouter il y a deux semaines : « D’ici la fin de l’année, je ne veux plus personne dans les rues. Je veux partout des hébergements d’urgence. »

Le gouvernement d’Edouard Philippe a bien présenté un plan migrants début juillet. Il prévoit la création de 4 000 places d’hébergement en 2018 et 3 500 en 2019 mais sans évoquer les prochains mois. Pierre Henry, le patron de France Terre d’asile, s’inquiète de la confusion au sein de l’exécutif : « Le plan migrants est incomplet car il ne pense pas le premier accueil. On fait du sur place. Pourtant, cette question des migrations doit être traitée avec dignité. Ce ne devrait pas être impossible pour la sixième puissance du monde. »

En charge du centre d’accueil de 400 places, Emmaüs et la Ville de Paris exigent depuis des mois « la reconstitution d’un parc d’hébergement à la hauteur des besoins » sans que la position du gouvernement évolue, tandis qu’au Samu social on dénonce un « plan qui manque d’ambition ».

Utopia56 estime pour sa part que les pouvoirs publics « profitent des vacances pour effectuer un tri entre réfugiés politiques, migrants économiques et migrants climatiques. Maintenant, avec l’affaire Herrou, on sera bientôt tous en prison pour délit de solidarité. Il est désormais juridiquement condamnable d’aider son prochain », explique Yann Manzi, le fondateur de l’association.

Des solutions existent pour résoudre la crise. Début juillet, la maire de Paris, Anne Hidalgo, proposait de créer d’autres centres de premier accueil dans les grandes métropoles de France et sur le modèle de la porte de la Chapelle. Ces camps permettraient d’éviter la création de nouveaux bidonvilles et de désengorger tant Paris que le nord du pays. « Il n’y a pas de crise des réfugiés mais une crise de l’accueil », explique la socialiste. Mais le gouvernement, au premier rang duquel le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’y oppose. Pour l'heure, aucun nouveau centre humanitaire n’est envisagé dans l’Hexagone.

Tanguy Garrel-Jaffrelot 
 

Source : http://www.liberation.fr/france/2017/08/10/a-la-porte-de-la-chapelle-la-crise-humanitaire-est-loin-d-etre-resolue_1589116?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot

 

mercredi 16 août 2017

"Des chercheurs réussissent à corriger un gène défectueux dans des embryons humains" et "CRISPR ET L’EMBRYON : Les scientifiques doivent-ils dire ce qu’ils souhaitent ou bien ce qu’ils croient vrai ?"



Des chercheurs réussissent 

à corriger un gène défectueux 

dans des embryons humains


En utilisant l’outil Crispr-Cas9, qui permet de modifier le génome, une équipe internationale a effacé une mutation génétique responsable d’une maladie cardiaque.

LE MONDE | Mis à jour le 03.08.2017 à 08h22 | 

     


Les « ciseaux génétiques » Crispr-Cas9, qui permettent de faire du couper-coller dans le génome, ont encore frappé. Ainsi que l’annonce une étude publiée mercredi 2 août par la revue Nature, une équipe internationale de chercheurs a, grâce à cette technique, réussi à effacer chez des embryons humains une mutation à l’origine d’une grave maladie cardiaque. Compte tenu de la réglementation, les embryons n’étaient pas destinés à être implantés et leur développement a été interrompu après quelques jours.


Cette démonstration expérimentale appuie l’idée que cette méthode pourrait être appliquée à d’autres maladies génétiques, si les interrogations sur sa sécurité et les obstacles éthiques sont dissipés. Cela impliquera des essais cliniques qui restent, selon les auteurs, « une perspective encore éloignée ».

Quelque dix mille maladies génétiques graves impliquent la mutation d’un seul gène. Parmi elles, certaines sont dites « dominantes » car il suffit que l’un ou l’autre des parents possède et transmette le gène muté pour que l’enfant soit atteint. Le risque est donc de 50 %.

A l’heure actuelle, la seule riposte possible de la médecine est le recours au diagnostic préimplantatoire, qui requiert le passage par une fécondation in vitro. Les embryons obtenus sont ensuite triés afin de n’implanter que ceux qui sont porteurs de deux versions normales du gène. Cette procédure suppose plusieurs cycles de stimulation ovarienne avant le prélèvement d’ovocytes à féconder.

« Notre but est de guérir des maladies graves, explique Paula Amato, l’une des auteurs de cette étude avec Shoukhrat Mitalipov (tous deux à l’Oregon Health and Science University, Portland). Nous avons choisi de nous pencher sur le cas d’un gène appelé MYBPC3, dont la mutation entraîne une cardiomyopathie hypertrophique. » Cette maladie du muscle cardiaque, qui touche une personne sur cinq cents, provoque principalement un épaississement de la paroi du ventricule gauche et, dans les formes les plus graves, des troubles du rythme cardiaque et des morts subites.


Ciseaux génétiques


 

Pour cette étude, qui a reçu les autorisations des comités d’éthique des universités concernées, l’équipe américano-sino-coréenne a recruté un homme porteur de la mutation du gène MYBPC3 – avec une version normale et une version mutée – et plusieurs donneuses d’ovocytes non porteuses de la mutation.

Dix-neuf ovocytes ont été fécondés de manière classique avec le sperme du donneur, sans qu’on y touche après, afin de servir de comparateurs. Pour les cinquante-huit autres, les chercheurs ont ensuite eu recours à l’outil d’édition génétique Crispr-Cas9, qui permet la réparation ciblée de l’ADN. Les embryons ont été cultivés durant trois jours. Passé ce délai, les cellules encore indifférenciées des embryons (blastomères) ont été isolées pour être séquencées.

Comme on pouvait s’y attendre, les embryons servant de contrôles se partageaient entre porteurs de la mutation et ceux qui en étaient exempts. Un fifty-fifty que l’on ne retrouvait pas chez les embryons auxquels la procédure Crispr-Cas9 avait été appliquée. Deux tiers d’entre eux portaient deux versions normales du gène, le tiers restant étant soit hétérozygote (un gène normal et un muté), soit une mosaïque (coexistence de cellules normales et de cellules hétérozygotes).

De manière prédominante, le recours aux ciseaux génétiques a entraîné une réparation homologue, mais l’existence de ces mosaïques pose un problème : un diagnostic préimplantatoire pour contrôler la bonne réussite de l’opération pourrait en effet passer à côté de cellules porteuses de la mutation.

Pour cette première expérience, l’injection de Crispr-Cas9 avait lieu lors de la phase S de la division cellulaire, celle où l’ADN est entièrement répliqué, ce qui pourrait avoir pour conséquence que certains spermatozoïdes soient porteurs de la mutation et d’autres non.

Les chercheurs ont donc changé leur approche en injectant Crispr-Cas9 en même temps que le spermatozoïde lorsque l’ovocyte était dans une phase postérieure, « ce qui permet à l’édition du génome de se produire lorsque le spermatozoïde contient à coup sûr une seule copie mutante du gène », expliquent-ils. Avec cette modification, le taux de cellules embryonnaires exemptes de la mutation a atteint 72 % et il n’y avait plus de mosaïques. De plus, l’équipe n’a décelé aucun effet « hors cible », c’est-à-dire de modification génétique non souhaitée. Le moment où le procédé est utilisé semble donc déterminant pour son efficacité.

Les auteurs de l’étude en concluent que « la correction génétique récupérerait des embryons mutants, augmenterait le nombre d’embryons disponibles pour une implantation et, au bout du compte, améliorerait le taux de grossesse ».

Limitations éthiques


L’un des auteurs, Sanjiv Kaul (lui aussi de l’Oregon Health and Science University), estime que la méthode est susceptible d’être appliquée à beaucoup d’autres mutations génétiques, notamment à celles affectant les gènes BRCA1 et BRCA2, qui prédisposent aux cancers du sein et de l’ovaire. Toutefois, Shoukhrat Mitalipov juge qu’il « y a encore une marge de progression dans l’efficacité avant de passer à un essai clinique ».


Ces travaux soulèvent des questions. Il faut tout d’abord améliorer la technique et s’assurer qu’elle évite la formation de mosaïques et du hors-cible, avant d’en venir à des implantations d’embryons. Sur le plan éthique ensuite, la convention d’Oviedo, ratifiée en 2011 par la France, autorise les interventions sur le génome humain uniquement à des fins préventives, diagnostiques et thérapeutiques, mais seulement si elles n’entraînent pas de modification dans le génome de la descendance. Cela exclurait donc le procédé employé dans cette étude.

La poursuite de ces travaux, déjà limités aux Etats-Unis par l’interdiction d’employer des fonds publics pour la recherche sur l’embryon, ne pourrait donc se faire que dans des pays aux législations plus souples, comme le Royaume-Uni. Le débat sur les frontières éthiques où doivent s’arrêter les perspectives de progrès médical ne fait que commencer.


Source : http://www.lemonde.fr/biologie/article/2017/08/02/des-chercheurs-reussissent-a-corriger-un-gene-defectueux-dans-des-embryons_5167987_1650740.html


 Autre article sur le même sujet :


CRISPR ET L’EMBRYON : 

Les scientifiques doivent-ils dire 

ce qu’ils souhaitent ou bien 

ce qu’ils croient vrai ?

Axel Kahn
6 août 2017

Après une équipe chinoise il y a environ deux ans, une équipe internationale vient de publier dans la revue Nature un article présentant les résultats de la correction embryonnaire expérimentale d’une mutation responsable de la transmission d’une maladie génétique, en l’occurrence une malformation cardiaque. Comme dans l’expérience précédente, le système CRISPR Cas9 a été utilisé.

J’ai déjà abordé cette problématique, notamment dans ces deux billets auxquels le lecteur peut avoir accès en cliquant sur les liens suivant : “RESPONSABILITÉ ET POUVOIR HUMAIN SUR LES GÉNOMES” et “EUGÉNISME, TRANSHUMANISME : MYTHE ET RÉALITÉ“. Je rappellerai ici seulement que CRISPR Cas9 est le complexe d’une enzyme, une nucléase, et d’un ARN guide qui permet de cibler son action en un site précis du génome. Découvert par la Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna, ce système leur vaudra sans doute le Prix Nobel de Chimie dans les années qui viennent. Il améliore en effet dans d’énormes proportions les possibilités du génie génétique. Le Comité d’éthique commun à l’INRA, au CIRAD et à l’IFREMER que je préside instruit actuellement une saisine portant sur l’utilisation de l’outil pour modifier les génomes des plantes, puis des animaux.

L’expérience rapporté en août 2017 peut-être résumée de la sorte. Des spermatozoïdes d’un homme affecté ont été utilisés pour féconder des ovocytes normaux. Selon les lois mendéliennes de la génétique, on s’attend à ce que la moitié des embryons obtenus porte la mutation. Cependant, lorsque avec le spermatozoïde les chercheurs ont injecté un complexe CRISPR cas9 “réparateur”, 72 % des embryons obtenus étaient normaux, seulement 28% portant encore la mutation. Le complexe réparateur est obtenu en utilisant comme ARN guide une séquence identique à une portion de celle du gène morbide mais sans la mutation que l’on cherche à corriger. Les résultats publiés, comme ceux antérieurs des biologistes chinois, témoignent de ce que la réparation au niveau de l’embryon de mutations morbides est possible. Mais qu’il convient dans tous les cas de faire une étude génétique des embryons, c’est à dire un diagnostic préimplantatoire, avant la correction pour savoir ceux qu’il faut corriger (expérience chinoise) et ceux qui l’ont été (dans les deux cas).

Puisqu’on dispose dans 99% des cas, selon les lois de la génétique, d’embryons intacts et d’embryons porteurs de la mutation, le diagnostic préimplantatoire conduit logiquement au tri d’embryon, c’est à dire au transfert chez la femme des embryons intacts. Le scientifique qui les écarterait pour privilégier les embryons mutés qu’il tenterait de corriger – correction qu’il lui faudrait ensuite vérifier – serait quand même un grand pervers !  Au total, la réparation germinale d’une mutation morbide est peut-être une idée brillante mais n’a, en pratique et sans autre considération, tout simplement pas d’application. C’est là une observation de bon sens, les scientifiques n’en manquent pas !

J’ai brièvement tenté d’expliquer cela sur les ondes d’Europe 1 et de France inter mais ne sais pas ce qui a été retenu de ces interviews. En revanche, d’honorables collègues se sont enthousiasmés – pourquoi pas – en précisant que pouvoir interrompre la transmission de maladies génétiques était une perspective merveilleuse. Certes, mais, comme je l’ai montré, cela passe dans la pratique par le tri d’embryon. En revanche, la modification germinale du génome serait le passage obligatoire des desseins de transhumanisme génétique. Cela n’a pas été noté par mes collègues.

Je suis très familier de la pulsion qui pousse des scientifiques à privilégier dans leur expression publique non ce qu’ils croient – ou savent – vrais, mais ce qu’ils jugent utiles à ce qu’ils souhaitent. Après la naissance par clonage de la brebis Dolly, on a présenté les perspectives mirifiques du “clonage thérapeutique”. Il permettrait aux paralytiques de remarcher, aux malades atteint d’Alzheimer de retrouver la mémoire, aux victimes d’infarctus du myocarde de récupérer du cœur à l’ouvrage, etc. Il suffirait de fabriquer un clone embryonnaire de chaque malade et d’utiliser ses cellules souches pour réparer les lésions. J’ai alors fait remarquer, goguenard, que compte tenu de la très grande inefficacité de la méthode de clonage, on ne risquait pas de soigner grand monde ainsi. Je me suis trouvé très isolé dans mon réalisme au sein de la communauté scientifique mondiale qui, pourtant, savait vrai ce que j’avançais. Cependant, cloner l’humain est si tentant….. J’avais raison, sans surprise. Plus personne ne parle plus de “clonage thérapeutique”, des approches bien plus réalistes en ont rendu caduque la perspective.

Axel Kahn, le six août 2017

Source : http://axelkahn.fr/crispr-lembryon-scientifiques-doivent-dire-quils-souhaitent-bien-quils-croient-vrai/

mardi 15 août 2017

Conférence Vaccination samedi 19/08/17 - Prades - A diffuser !

Conférence :
la vaccination obligatoire


par Maître Joseph, avocat

samedi 19 aout de 14h30 à 16h30

au café associatif l'Alchimie, 3 rue de l'Hospice à Prades.

"La récente proposition de loi sur les 11 vaccins obligatoires pose des problèmes à tous, y compris aux professionnels de la santé qui s’interrogent.

Un point de vue critique et juridique sera donné par Maître JOSEPH, auteur de "vaccins, on nous aurait menti", avocat au Barreau de Grenoble et membre de la Ligue Nationale Pour la
Liberté Vaccinale."


organisée par Liberté Vaccinale Conflent, un collectif de citoyens du Conflent soucieux du projet de loi de la ministre de la santé, Mme Agnès BUSYN. 


En collaboration avec La Ligue Nationale pour La Liberté Vaccinale et le mouvement En Marche pour la Liberté Vaccinale





lundi 14 août 2017

Pour échapper à LINKY, le compteur malfaisant

Pour échapper à LINKY, le compteur malfaisant
1) Si votre compteur d'électricité est dans votre logement
(ou bien dans votre jardin à condition qu'il soit fermé et difficile d'accès, car les miliciens d'Enedis n'hésitent pas à passer par dessus les petites clôtures, à casser des serrures, etc)

Dans ce cas, vous êtes en position de force, les installateurs n'ont pas le droit d'entrer chez vous.


Attention toutefois à ne pas vous faire intimider par les menaces et rumeurs qu'ils inventent pour que vous les laissiez entrer...

2) Si votre compteur d'électricité est hélas accessible
(il donne sur la rue, ou il est dans votre jardin non clôturé, ou dans les parties communes d'un immeuble, etc)
Dans ce cas, de nombreux citoyens protègent leurs compteurs par différents moyens
dont certains sont illustrés ci-dessous, et dont vous pouvez vous inspirer...


Notez à droite la fenêtre découpée pour permettre la relève visuelle du compteur ordinaire d'électricité
Cette précaution est pratique mais pas absolument nécessaire
: pour la relève visuelle, l'agent peut sonner chez vous afin que vous lui ouvriez le coffret...



Très important
: les milices d'Enedis n'ont absolument pas le droit de casser votre matériel (chaînes, cadenas, barres, briques, etc). Si ces voyous s'autorisent quand même à le faire, vous pourrez les attaquer en justice avec la certitude de gagner.
Attention toutefois,
vous devez être en capacité de prouver leurs exactions
: ajoutez des panneaux d'avertissement
(« Destruction interdite sous peine de poursuite », etc), prenez des photos de votre installation, et si possible recueillez des preuves 
  : photos ou vidéos
des voyous en train de casser les protections (vous pouvez demander à des voisins, par exemple retraités, d'être vigilants et de prendre des photos les cas échéant...)


Attention
: ici les cadenas semblent bien fragiles,
sachant que les milices d'Enedis arrivent désormais avec
du matériel de destruction (grosses pinces, masses, etc)...
La casse de vos cadenas ou grilles ou autres installations
est interdite mais mieux vaut prévenir que guérir...


http://refus.linky.gazpar.free.fr

dimanche 13 août 2017

Attention ! Signer un nouveau contrat avec EDF = Accepter le compteur Linky

Attention ! 
Signer un nouveau contrat avec EDF = 
Accepter le compteur Linky


surtout, ne signez rien avec EDF  c'est un
piège pour imposer le compteur connecté LINKY qui n'est pas
obligatoire, avec nos anciens contrats

De : <stoplinky74@ntymail.com>

Date : 9 juillet 2017 à 12:08

Objet : Attention ! Signer un nouveau contrat avec EDF = Accepter le compteur Linky


Bonjour,

Vous avez reçu ou allez recevoir par mail de la part d’EDF, ceci :



Sous le couvert d’une protection de la planète et au travers d’une économie de
papier, EDF tente de nous imposer ses nouvelles conditions générales qui lui permettront demain de nous imposer le LINKY.

Car les récentes mises en lignes des délits et des fraudes actuelles commises par
ENEDIS et largement relayés grâce à vous que ce soit sur les sites web sur les réseaux sociaux
ou bien
ou encore sur
 change.org
https://www.change.org/p/lettre-ouverte-a-enedis-rappel-%C3%A0-la-loi/u/20764312,
freinent de façon importante les implantations prévues.

Pourquoi :

Dans la violation des points de droit que nous dénonçons, une grande majorité reposent
sur l’aspect contractuel.

Sur plus de 85% des contrats actuellement en cours, ENEDIS ne peut en effet
installer son nouveau compteur sans être en conformité avec la
loi. Les contrats antérieurs à 2010, ne prévoient en effet, ni
la captation des données personnelles, ni les fréquences
additionnelles nécessaires aux compteurs LINKY pour pouvoir
fonctionner. Hors les lettres que nous envoyons en recommandées
AR stipulent qu’à défaut de la présence de ces points dans les
conditions générales, nous sommes en droit de refuser
l’installation de plein droit, dans la mesure où le compteur
proposé n’est pas en conformité avec la chose signée.

Faire parvenir ces courriers ou ces mails à tous les français et dans certains
cas bien avant les installations prévues, c’est les faire tomber dans un piège dont il leur sera plus difficile de se débarrasser une fois ces nouvelles conditions acceptées.

Alors diffuser ce message au plus grand nombre. 

Et surtout N’ACCEPTEZ PAS LES NOUVELLES CONDITIONS GENERALES ET NE SIGNEZ RIEN

Bien cordialement
JP

*********************************

Une réponse de Jean Monestier

500 tonnes de papier, c'est une paille. D'après Bihouix, un million de tonnes de papier sont distribuées sous forme de publicités dans nos Boites aux lettres.
Aucune mesure ne semble envisagée pour restreindre ce gâchis. Le reste, c'est de la rigolade, surtout pour nous asservir au numérique.
Factures EDF, conditions de vente, propagande électorale, fiches horaires des TER, etc. sont une paille à côté de ce million de tonnes. C'est ce que je réponds quand on me propose d'abandonner le papier pour préserver l'environnement.
Par ailleurs, d'après Flipo dans un article "l'horreur numérique", que je mets en PJ, "n'est-il pas étrange qu'on présente comme soutenable une politique qui vise à remplacer une ressource renouvelable, le papier, par une ressource épuisable : les métaux (pour les mémoires des serveurs) ?
Pour ma part, je répondrai d'abord cela, d'autant que je ne lis jamais plus de quelques pages sur écran. Un grand nombre de gens impriment automatiquement au delà de 5 ou 6 pages. Alors, où est le gain pour l'environnement ? Il s'agit seulement de transférer le coût de l'impression (et du port il est vrai) sur le couillon d'abonné.
Amitiés.
Jean Monestier.




samedi 12 août 2017

Catalogne/Aragon - Pour la défense des occupations rurales et du territoire !! -

  On a reçu ça :   

Pour la défense des occupations rurales 
et du territoire !!

                                              CATALOGNE ARAGON
                                       L'occupation paysanne ?

L'occupation rurale, à la campagne, est une pratique politique qui n'est pas aussi connue que le squat en ville. Mais elle existe et elle est forte dans de nombreux endroits du monde. Selon les motifs qui amènent à occuper des terres, les caractéristiques des occupations sont différentes.

Il y a

* celles qui se mettent en place pour défendre des lieux de Grands Projets Inutiles (la ZAD proche de Nantes, le No-TAV en Val de Suse, les Anti-MAT en Catalogne)

* celles qui essayent de défendre des forêts contre des entreprises énergétiques (forêt de Hambach à Cologne) ou touristiques (la ZAD de Roybon) ou

*celles qui repeuplent des villages abandonnés.

Cette dernière forme est particulièrement répandue en Espagne, surtout dans les Pyrénées, dans la province de Huesca. Les motifs peuvent être différents, par contre les objectifs poursuivis sont assez semblables. Par exemple la défense du territoire, l'expérimentation de nouvelles façons de vivre et la recherche d'émancipations individuelles et collectives.

Il y a 20 ans, le village squatté de Sasé fut expulsé, c'était un village abandonné qui se trouve à La Solana (Huesca). Depuis cet évènement, les occupations de villages jouissent d'une certaine tranquillité.

Par contre, ces derniers mois la répression s'est accrue et on sent à nouveau peser une vraie menace sur ces villages. Des camarades qui habitent à Fraguas (Castille-la Manche) doivent faire face à un procès qui veut les charger de 4 années de prison pour chacun.e et de 26 000 euros d'amende pour payer la destruction des maisons qu'ils/elles mêmes ont reconstruit.

En Urniza (Navarre) des camarades font face aussi à des pressions de la part des gardes forestiers, en plus ils/elles ont reçu une lettre d'expulsion et ils/elles attendent la réponse de l'administration qui les dénonce. Dans d'autres villages squattés de Huesca, ils/elles subissent des pressions diverses, que ce soit des amendes, des menaces, ou des tentatives de négociations mensongères etc...

Pour finir, les camarades de Casa Selba (Huesca), sont les premier.es à subir la
répression chez elles/eux. Le 25 mai 2017 ils/elles ont été convoqué.es à un procès
pour usurpation, à l'issu duquel ils/elles ont été acquité.es. Par contre, ils/elles courent toujours le risque d'être éxpulsé.es ; ils/elles se demandent quelles voies répressives
suivront celles/ceux qui détruisent le territoire.

Alors on veut lancer un appel à solidarité et au soutien international, pour pouvoir résister à une probable expulsion. Mais aussi être uni.es car on sait que malgré la répression, les occupations de terres seront toujours fortes et vivantes.

        Nous allons donc organiser des Rencontres des          Occupations et des Résistances Rurales à Casa Selba, 
                           du 8 au 17 septembre 2017.

On vous tiendra informé.es à mesure que ces Rencontres prendront forme.

On voudrait inviter toutes les personnes qui désirent défendre des territoires menacés de destruction, partager et apprendre.

On vous demande de réserver ces dates-là et de vous mettre en contact avec nous
pour qu'on puisse organiser ces Rencontres au mieux !

Où ?

Casa Selba est une ancienne bâtisse aux confins du Sobrabe (Huesca), qui appartient à la Confederation Hidrográfica del Ebro (CHE) depuis 1963, à cette époque, ses habitants.es en ont été expropriés.es, ainsi que dans d'autres villages aux alentours, pour la construction du barrage del Grado.

En 2010 des personnes ont squatté ces maisons et les terres attenantes, qui étaient en très mauvais état du fait de l'abandon de l'Etat. Le 25 mai dernier il y a eu un procès dans la juridiction de Boltaña contre les occupant.es pour usurpation, ils/elles ont finalement été acquitté.es.


Le jour du procès plus de 230 personnes se sont déplacées pour soutenir la Casa Selba.

De plus, il y a eu une vraie réponse solidaire et de soutien pendant les Rencontres Anti-Répression Rurale qui se sont déroulées le lendemain à la Casa Selba le 26 Mai. Nous pensons que pour défendre la Casa Selba et l'occupation rurale nous ne pouvons compter que sur cette solidarité et sur la force collective des personnes qui nous
soutiennent.

Nous savons que la Casa Selba et les autres villages qui sont en danger d'expulsion ne sont pas les seuls. Pour cette raison, nous voulons appeler toutes celles et ceux qui luttent pour défendre des territoires, à venir à ces rencontres, car l'ennemi est commun. La CHE ne répond pas à d'autres intérêts que ceux du capitalisme, il en est de même pour beaucoup d'autres agressions contre des territoires.

Qu'est ce que la CHE et pourquoi est-ce une organisation criminelle ?

La CHE est une entreprise d'Etat, c'est à dire qu'elle est publique et dépendante du gouvernement espagnol. De plus, elle est responsable de la construction et du
fonctionnement des grandes infrastructures (barrages, canaux, etc) qui détruisent une grande partie du lit de l'Ebre.

Selon ses propres données, la CHE a déplacé plus de 13 000 personnes tout au long de l'Ebre pour la construction des barrages. Dans les Pyrénées de Huesca ce chiffre est de 7000 personnes, en plus des 65 villages forcés d'être abandonnés.

Aujourd'hui, la CHE veut construire un autre barrage à Biscarrués, condamnant à mort la vie d'une vallée entière autour du ruisseau Gállego, en plus d’inonder le village d’Erés. Mais il s'agit également d'agrandir le barrage de Yesa et il y a le projet d'agrandir et de construire encore deux autres barrages.

On peut donc dire sans avoir peur de se tromper : LA CHE TUE LES TERRITOIRES !

Pourquoi choisissons-nous d'occuper la montagne ?

Nous avons choisi ce mode de vie car nous faisons partie d'une génération qui a été "exclue" des villes, celles-ci ne pouvant pas nous offrir de perspectives émancipatrices.

Le capitalisme nous montre un visage de plus en plus dur et les villes sont devenues des vitrines où l'on ne peut plus que vendre et acheter. Il n'y a pas de place pour celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas participer de cette dynamique. Nous sommes de plus en plus nombreux.ses à ressentir ce besoin d'arrêter d'alimenter la machine de la croissance infinie, pour se concentrer sur la création de nos propres moyens d'existence.

L'environnement rural réunit les conditions qui nous permettent d'expérimenter des vies plus autonomes, en réduisant au minimum les besoins d'argent.

De plus, l'Etat espagnol est propriétaire de grands territoires à cause de politiques de développement qui ont été crées d'une part pour favoriser le bénéfice privé en construisant des méga-infrastructures et d'autre part, ces politiques ont cherché aussi des travailleur.ses bon marché pour aller bosser dans ces usines dont ces infrastructures avaient besoin.

C'est pour ces raisons que nous trouvons légitime de nous réapproprier collectivement ces territoires, où nous souhaitons vivre d'une manière cohérente avec nous-mêmes et avec notre entourage.

Nous essayons de participer à maintenir en vie des territoires abandonnés ainsi que la mémoire de celles et ceux qui en ont été expulsé.es. Nous voulons encourager toutes les personnes qui le souhaitent à venir nous rejoindre, surtout celles et ceux qui partagent avec nous les motivations qui nous sont poussé.es à habiter la montagne. Il y a aujourd'hui en Aragon beaucoup des villages qui sont propriété de la CHE ou
de l'Etat.

En attendant, nous vous invitons à nous montrer votre soutien et à nous tenir au courant si vous voulez venir aux Rencontres des Occupations et des Résistances Rurales, sur le mail :

selba-coord@riseup.net

Nous vous encourageons également à venir participer avec nous à l'organisation de ces Rencontres qui sont, comme vous pouvez l'imaginer complètement autogérées !
C'est toujours important de pouvoir compter sur des motivé.es pour l'organisation !

S'il y a des personnes qui peuvent/veulent venir aider les habitant.es de la Casa Selba en amont des Rencontres, vous pouvez nous contacter sur le mail :

vivalaselba@riseup.net

                   FRAGUAS, URNIZA Y LA SELBA NE SE RENDRONT PAS !

vendredi 11 août 2017

Programme Alchimie jusqu'à fin août 2017

CHER(E)S ADHERENT(E)S

Nous sommes heureux de vous retrouver dans votre petite boîte mail pour enfin pouvoir vous annoncer les programmes à venir à l'Alchimie !

JUSQU'AU 29 AOUT

EXPOSITION DES OEUVRES DE MARINE LANGLOIS

PARFUM SAUVAGE
Peintures et créations poétiques

Soirée de clôture le 29 août à 19h00


JEUDI 17 AOUT

MUSIQUE !! AVEC LE GROUPE EMOCEANS
Aux alentours de 20h00


... et comme chaque semaine



MERCREDI
A 15H00
QI GONG
Avec Vero


JEUDI
DE 17H30 A 19H30

L'AMAP DE LA KAJETTE BIO !

Venez chercher vos légumes ! Réservez votre kajette au :
06 41 12 47 51 et demandez Marie !

12,50 euros la kajette de légumes (2 personnes pour 1 semaine)
Engagement pour 1 an

Un p'tit creux ? Pas de souci ! Vero est là et propose ses galettes bio à partir de 18h et jusqu'à 21h !


LES DIMANCHES APRES MIDI SONT EN PAUSE JUSQU'EN SEPTEMBRE !






3 rue de l'Hospice à Prades
07 83 36 77 31

Le restaurant

LUNDI ET MERCREDI

De 11h à 15h

MARDI ET SAMEDI
De 9h à 15h

JEUDI
De 18h à 21h

Le bar-salon de thé

DIMANCHE
De 16h à 20h30