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jeudi 26 février 2015

"Aussi vrai que les cheveux vous tirent les poisons du corps..."

Aussi vrai que les cheveux vous tirent les poisons du corps…, par Marie-Paule Nougaret

21 FÉVRIER 2015 par PAUL JORION | Print Aussi vrai que les cheveux vous tirent les poisons du corps…, par Marie-Paule Nougaret
Billet invité. Ouvert aux commentaires.
Avec un instinct très sûr, la révolte surgit pour tenter de sauver le plus précieux  : nous ne savons pas nettoyer l’eau, seuls les systèmes naturels le font. La zone à défendre (ZAD) de Notre Dame des Landes se situe dans un creux en haut de plusieurs bassins versants, propice aux marécages, bocages et prés mouillés. À Sivens dans le Tarn, quand Rémi Fraisse fut tué, fin octobre, on venait d’araser la forêt riveraine d’un cours d’eau jusqu’alors libre de gonfler jusqu’à son lit majeur, puis redescendre à l’étiage, en filtrant vers la nappe phréatique, selon la lune et les saisons.
Eau encore, à Roybon en Isère, où le projet de Center Parc menace le débit de la Drôme : la fédération de pêche a porté plainte (verdict en juin). Et eau, toujours, pour la ligne ferroviaire Lyon-Turin, qui pourrait tarir la source de Saint Thibaud de Couz, près de Chambéry, une ville sous pression démographique, avant même l’arrivée de la gare TGV, et qui surveille avec raison, la fonte des glaciers.
Quant aux nouveaux tunnels, dont l’utilité se discute après 20 millions d’€ de travaux sur la ligne existante non seulement doivent-ils percer des montagnes d’amiante et d’uranium, et partant polluer l’eau qui refroidit les foreuses, mais encore faudra-t-il les drainer, au rythme de 60 millions de md’eau par an, chiffre officiel .
Nous ne savons pas nettoyer l’eau. On peut la distiller pour la dessaler « et ce n’est plus la même », écrivait Aristote. 2300 ans plus tard, Bill Gates ne propose rien d’autre que la distillation des effluents humains de l’Afrique, sans préciser s’il préfère pour cela, brûler le fuel local très sale ou déboiser à mort).
On peut purifier l’eau avec des membranes calibrées sur la molécule H2O. Mais là encore, à quel prix, en énergie et pollution ?
Les stations d’épuration tentent d’imiter le travail de la nature, pour ce qu’on en comprend : décantation de l’eau dans les mares, filtration sur les graviers, oxygénation par les cascades. Un travail que l’économie ne compte pour rien, selon Vandana Shiva : la Terra Mater des anciens, toujours active, devenue Terra nullius, soit la terre de personne, au temps des colonies, n’est, dans le meilleur des cas, qu’un capital. Son travail n’entre pas dans le calcul de la valeur.
Qu’on nous comprenne bien. Il ne s’agit pas ici d’évaluer le prix de tel ou tel « service » distinct, que rendraient les écosystèmes, dans l‘idée bizarre d’en payer la destruction. Il s’agit de rappeler que si la nature s’arrête, tout s’arrête, à commencer par la respiration.
Les distinctions entre services rendus ne tiennent pas. Le travail de la nature est un tout. L’atmosphère et la biosphère interagissent avec la lithosphère (substrat rocheux). En plus de filtrer l’eau par exemple, les graviers abritent la ponte des poissons, freinent les courants, échangent des ions etc. Les animaux ne peuvent épurer l’eau et dépendent pour cela, de la végétation.
La plante a besoin d’eau, et même elle en détruit pour prendre de l’énergie (voir mon billet précédent). L’oxygène qui en sort s’échappe aussitôt. Mais pour capter le COaux molécules plus grosses, les plantes doivent ouvrir des pores dans leur feuillage vert. Alors de la vapeur d’eau fraîche sort sous pression.
Cette « évapotranspiration » comme disent les botanistes, ne concerne pas les cactus, ou les orchidées tropicales, qui ne laissent pas s’échapper l’eau et s’ouvrent au CO2 seulement la nuit (oui vous pouvez dormir près d’eux).
Cette transpiration des arbres, environ 200 l par jour  d’été, pour un platane de cent cinquante ans, se révèle très pure. Elle recharge les nuages et gonfle les pluies, elle rafraîchit l’atmosphère en ville et près des routes fréquentées. Elle imbibe les particules en suspension, les alourdit, et les fait choir, rendant l’air plus léger.
Pendant ce temps près des cours d’eaux, se joue un autre scenario. Les arbres qui poussent dans les milieux humides sous nos climats, sont de ceux qui perdent leurs feuilles. Lorsque survient la crue, les bactéries qui vivaient sur les feuilles mortes au pied du tronc, dans les racines, se retrouvent noyées. Alors, faute d’oxygène, elles se mettent à dévorer les nitrates dissous dans l’eau.
Ces nitrates, bien sûr, proviennent des engrais chimiques, épandus dans les champs au-dessus. Les plantes adorent ça, ça stimule leur croissance, mais ça les fatigue et les assoiffe puisqu’il leur faut aussi de l’eau propre. On en met toujours trop, la nature en fabrique déjà bien assez. C’est là le B.A. BA de l’agriculture bio, la raison de sa résistance aux sécheresses. Une partie de l’excès ruisselle avec les pluies vers la nappe du cours d’eau. Mais les nitrates, toxiques pour bébé, dans l’eau du biberon, sont aussi suspectés de favoriser les cancers. Pourtant c’est tout juste si la France n’oblige pas les charcutiers à en farcir leurs produits. Alors voici ta récompense lecteur : le jambon italien marqué DOP (de origina protettata) se compose seulement de viande et de sel (ne  pas acheter prédécoupé : c’est hors de prix).
Mais il y a mieux encore : les plantes aquatiques. La plupart des roseaux, iris, lotus et compagnie, possèdent une tige aérienne creuse, qui permet à l’oxygène (produit par la plante même) de descendre dans leur base immergée. Ainsi des bactéries aérobies peuvent-elles vivre sous l’eau, dans les racines, et détruire les polluants à base de carbone de la chimie du pétrole comme des élevages ou des flux urbains. Ces microbes élaborent même des composés qui piègent les métaux toxiques dans les rhizomes des plantes immergées. Aussi vrai que les cheveux vous tirent les poisons du corps.

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