Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

mercredi 30 avril 2014

Fillols 24 et 25 mai : Forum des Possibles

Faites circuler l'info autour de vous, par mail et de vive voix !

FORUM DES POSSIBLES
FILLOLS (66), LES 24 ET 25 MAI


ATELIERS DE PRATIQUES ECOLOGIQUES ET SOCIALES
DÉBATS-PARTAGES-EXPERIMENTATIONS

(auto-écoconstruction, permaculture, autonomie énergétique, phyto-épuration, cabine à graines, mutualisation des savoirs, voitures éco-sociales, coopératives intégrales catalanes, prévention santé, alimentation, ateliers pour enfants, recyclage...)


Pendant deux jours nous vous proposons, sous la forme d'un libre parcours dans le village, de prendre part à de nombreux ateliers, de participer à des débats, de venir chercher et partager des informations sur des techniques simples et des pratiques effectives, d'imaginer avec d'autres des pistes concrètes pour s'approprier directement et à notre mesure les enjeux de la transition énergétique.


L'énergie, c'est le pouvoir. Power, dit la langue anglaise, en un même mot. Comment s'organiser à l'échelle locale (un village, un quartier, un territoire) pour repenser notre rapport à la consommation et à la production d'énergie ? Quelles pratiques - écologiques, sociales, "autonomisantes" - pour se chauffer, s'éclairer, se déplacer mais aussi se nourrir ou se loger ?


Plutôt que de prendre part à de prétendues concertations citoyennes où l'on "débat" avec les pouvoirs publics et les industriels de l'énergie de ce qui est décidé ailleurs ou bien joué d'avance, nous préférons considérer ce qu'il est possible de faire nous-mêmes, au quotidien, là où on vit : nous cherchons des outils et des formes pour reprendre nos vies en main.

Le Forum des Possibles est organisé par des habitants de Fillols, des habitants du Conflent, des habitants de Catalogne nord et sud réunis en un collectif ouvert et auto-géré.


Informations et programme détaillé sur
http://forumdespossibles.wordpress.com/

Pesticides : Quand les Abeilles ont le Bourdon...

Agriculture - OGM | le 16 avril 2014


Pesticides : quand les abeilles ont le bourdon …

Les abeilles sont considérées comme les “reines de la biodiversité”. Et pourtant, leur nombre continue de diminuer. La raison : un système d’agriculture intensive qui utilise à outrance des produits chimiques. Ce système est promu par des entreprises agrochimiques telles que Bayer, Syngenta ou encore BASF.

Mobilisation de Greenpeace devant le siège de Bayer, en Allemagne



Nous souhaitons démontrer que le modèle agricole actuel a des effets néfastes sur les abeilles. Greenpeace publie aujourd’hui un rapport scientifique :
“Les abeilles ont le bourdon :
Analyse des résidus de pesticides retrouvés dans le pain d’abeille et le pollen piégé d’abeilles domestiques (Apis mellifera) dans 12 pays européens”
.


L’étude a révélé que plus des deux tiers du pollen prélevés dans les champs et ramenés à la ruche par les abeilles ouvrières ont été contaminés. Dix-sept produits chimiques toxiques différents ont été enregistrés et un total de 53 substances chimiques ont été détectées au cours de cette étude. Ils représentent un large éventail de pesticides. Cette enquête est l’une des plus vastes de son genre réalisée à ce jour en Europe, avec plus de 100 échantillons prélevés dans 12 pays européens durant une seule saison de butinage.


Le redoutable “effet cocktail”



La vaste gamme de produits toxiques trouvés indique que les abeilles peuvent être exposées à des mélanges complexes d’insecticides, d’acaricides et de fongicides dans leur nourriture et dans la ruche. Le pollen contaminé représente ainsi une menace directe pour l’ensemble de la population d’abeilles, car la colonie, y compris les larves, les abeilles et les bourdons travailleurs, se nourrissent de ce pollen comme source de protéines et d’énergie. L’exposition des abeilles et des larves d’abeilles à ce mélange de pesticides toxiques est importante. En effet, selon des recherches récentes, l’interaction des différents composants chimiques peut conduire à un “effet cocktail”. 
Ce mélange peut être plus toxique pour les abeilles qu’un seul produit chimique !


De plus, de nombreuses études montrent que les pesticides peuvent affaiblir le système immunitaire des insectes, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies, aux agents pathogènes et aux parasites tel le varroa. L’ensemble de ces maladies et de ces parasites s’ajoutent aux menaces qui pèsent déjà sur les abeilles.

Les abeilles et les autres pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans notre chaîne de production alimentaire ! Un tiers de notre nourriture, et la plupart des plantes à fleurs de la planète, sont pollinisées par les abeilles et autres insectes pollinisateurs. La valeur de la pollinisation mondiale a été estimée à 265 milliards d’euros.


Il devient désormais urgent de protéger nos abeilles et notre agriculture. Avec votre aide, Greenpeace exige que les décideurs élargissent le moratoire partiel concernant quatre des pesticides nocifs pour les abeilles et que cette interdiction soit permanente, et bannir tous les pesticides nuisibles aux abeilles. Nous avons besoin de plans d’action ambitieux afin de surveiller la santé des abeilles et autres pollinisateurs et de réduire leur exposition globale aux produits chimiques dangereux.

Par ailleurs, il est urgent et nécessaire d’arrêter de financer un modèle agricole industriel destructeur. La voie de l’agriculture écologique est le meilleur modèle à suivre pour les abeilles et pour la planète.


Nous vous invitons à nous rejoindre, à faire partie du mouvement mondial pour la sauvegarde des abeilles et la promotion d’une agriculture écologique.


Vous pouvez agir maintenant et interpeller les marques qui utilisent encore des pesticides tueurs d’abeilles en devenant un Guetteur.


bouton_guetteur


ou



lundi 28 avril 2014

Petit Train Jaune : Contribution au Débat Public du Vendredi 25 Avril

Bonjour.

Ici Jean Monestier.

Un débat public sur le Train Jaune a eu lieu ce vendredi  25 avril 2014.

Etaient notamment présents à la tribune Charles Fiterman, ainsi que JC Gayssot, envoyé sans doute par la Région bien que les transports ne soient plus de sa compétence. Il a donc servi un peu de paratonnerre à Bourquin, avant que tout le monde ne se rejoigne autour d'un verre.

Il semble qu'une dame de la SNCF était dans le public, peut-être envoyée officieusement en observatrice, mais qui, étant intervenue depuis la salle, a été interpellée par un participant.

J'ai enregistré toute la réunion en MP3 et peux la transmettre à qui voudra.

Je joins en PJ une participation au débat que j'avais rédigée en m'appuyant sur le texte de l'invitation, et que j'ai largement élaguée quand je suis intervenu.

J'ai été très content que les courriels que j'ai envoyés très tardivement aient fait venir au moins 3 personnes à ma connaissance.

NB pour Train en Têt : pour s'abonner à Mobilité66, il faut faire 
           
"mobilite66-abonnement yahoogroupes fr" <mobilite66-abonnement@yahoogroupes.fr>,

Amicalement.

J Monestier



Contribution au débat public sur le Tain Jaune organisé au
Palais des Congrès de Perpignan le vendredi  25 avril à 18h00.


Jean Monestier, du Soler : 06 83 99 03 25.
Titulaire d’une maitrise d’économie auprès de l’Université de Toulouse.
Défenseur d’une biosphère habitable.

Il y a un partenaire qu’on oublie un peu dans la défense du Train Jaune : le public. Combien de personnes du département prennent le Train Jaune pour se déplacer le long de la vallée de la Têt ? Très peu actuellement. Mais voir seulement dans le Train Jaune un train touristique, un jouet pour adulte, serait une erreur. Et je suis d’accord avec ceux qui pensent que le Train Jaune doit être considéré A LA FOIS comme un vecteur touristique ET comme un moyen de transport, de voyageurs ET potentiellement de fret. Ce qui se passe en Suisse avec les nombreuses lignes à voie métrique démontre bien qu’une attitude différente donne des résultats différents.
On se gargarise beaucoup en France avec la Transition Energétique. Or cette dernière ne consiste pas seulement à basculer la production d’énergie des énergies de stock (fossiles : pétrole, charbon, gaz naturel, nucléaire) vers les énergies renouvelables (hydraulique, éolienne, photovoltaïque, marémotrice, gaz issu de la biomasse, etc.), mais à faire des efforts de sobriété et d’efficacité (voir le Manifeste Négawatt, édité par Domaine du possible – Actes Sud en 2012, qu’on trouve dans toutes les bonnes librairies). La sobriété sera difficile à adopter car nous avons pris de mauvaises habitudes, mais cela viendra forcément. Restons-en à l’efficacité. Elle ne se répand que de façon marginale, que ce soit dans les transports ou dans la construction des immeubles neufs, deux postes majeurs qui impliquent la participation des citoyens, des élus, et des techniciens.
Le prix du pétrole a été multiplié par 5 en dix ans environ. Le pic pétrolier, celui des découvertes de gisements puis celui de l’extraction (je trouve très prétentieux de parler de production), a déjà eu lieu, et même l’AIE le reconnaît. Les gisements offshore, les sables bitumineux et autres gaz de schiste, qui coûtent 10 fois plus cher à mettre en œuvre que le pétrole classique, ne feront que retarder le problème tout en polluant deux fois plus. Merci pour le climat. En janvier 2011, j’ai filmé à l’Assemblée Nationale un colloque sur le sujet, avec l’intervention de divers spécialistes, dont Bernard Durand, retraité de l’industrie pétrolière, donc libre de parler. Il y a une forte probabilité pour que le prix du pétrole soit à nouveau multiplié par 5 dans les 15 prochaines années, et bien plus si nous ne changeons rien, avec l’arrivée de la Chine et de l’Inde sur ce marché. La Chine met en circulation 20 millions de voitures neuves chaque année, et ce chiffre est toujours déjà dépassé quand on le cite. Une demande qui explose pour une offre qui stagne et qui va irrémédiablement baisser : même une détaxation complète des carburants ne fera qu’augmenter la brutalité de la transition.
Dans ce même Palais des Congrès, lors d’une Journée de l’Agglo sur la logistique, il y a quelques années, Jean-Paul Alduy nous annonçait que le ferroutage au départ de St Charles allait être multiplié par plus de 10, mais il prédisait simultanément un doublement de la demande de transport, et, tous calculs faits par mes soins, dans ces conditions, le transfert modal ne compensait pas, et de loin, ne serait-ce que l’augmentation envisagée du camionnage. Il nous apportait, au mieux, un ralentissement de cette dernière. Voilà pourquoi le rapport Négawatt évoque autant la sobriété (transporter moins vite, moins loin, moins souvent, au choix) que l’efficacité.
Dans les transports, l’efficacité, c’est le rail qui nous l’offre. Si la transition énergétique n’est pas une simple incantation, il nous faut préparer le transfert de la mobilité vers le rail. Je ne parle pas seulement des économies d’échelles, mais de l’efficacité énergétique. A masse et accélération égales, le rail consomme deux à cinq fois moins d’énergie que la route. C’est un sujet très peu abordé. Je donnerai seulement deux exemples : un cheval tire deux tonnes sur route, mais dix tonnes sur rail (12 berlines de 800 kg, ce qui était la norme dans les mines de charbon). C’est d’ailleurs pour cela qu’on a inventé le rail dans les mines de charbon anglaises au 18ème siècle. Autre exemple : l’autobus, qui, pendant la guerre, roulait sur les rails entre Carcassonne et Quillan. Il transportait environ 50 personnes sur la route, mais 125 sur rail, car il tirait alors une remorque Decauville de 75 places, pour 15 tonnes de poids mort. Coefficient : 2,5. Mais, après la guerre, tout ceci fut vite oublié.
Pour la vallée de la Têt, le train Jaune est LA solution pour la transition énergétique dans le domaine de la mobilité. Le problème, c’est qu’il faut anticiper sur ce qui va se produire d’ici 10 ou 15 ans. Quand je vois, le dimanche soir, en hiver, des dizaines de voitures redescendant de Cerdagne qui piétinent au PN de Marquixanes, je désespère. Mais je vois aussi, dans le train de Villefranche à Perpignan, plus crédible au niveau des vitesses et de la régularité, et dont la voie a été refaite à neuf, des gens modestes, qui, quotidiennement, pour rentrer de Villefranche à Thuir, descendent en train au Soler, où les attend leur voiture, qui finit de les ramener à Thuir. Ils ont comparé le prix des pleins avec le train à 1 €uro, et ils ont fait leur choix. Un choix d’abord économique, certes, mais qui va dans le bon sens.
La croissance ne reviendra guère, car, des calculs l’ont démontré, sans pétrole, elle s’étiole. Mais une « prospérité sans croissance », comme le suggère l’anglais Tim Jackson (Editions Etopia & De Boeck), est tout à fait envisageable dans une économie stationnaire. Il est certain qu’il ne faut pas louper le coche, et réhabiliter le Train Jaune de toute urgence. Fermer la ligne compromettrait gravement la vie future des Hauts Cantons. Tant qu’on envisage de construire en France 1000 km d’autoroutes, et d’ajouter des voies routières autour de Perpignan, on a encore largement les moyens d’investir. Mais il ne faut plus les gaspiller dans des routes nouvelles. Je ne parle pas de l’entretien courant, ou des déviations auxquelles les riverains ont droit par simple équité républicaine, mais des grands travaux neufs comme la poursuite de la 4 voies de Ille à Prades. Il faut réorienter cet argent vers le ferroviaire, le Train Jaune (sans oublier la ligne de Céret, dont 6 km dorment dans les broussailles). Si, dans dix ans, on n’a plus les moyens encore opulents dont nous disposons aujourd’hui, malgré la « rigueur », ou grâce à la « rigueur », il sera trop tard, et le temps perdu ne se rattrape jamais.
Jean Monestier.

Belo Monte, le barrage géant du Brésil qui a vaincu les Indiens

Belo Monte, le barrage géant du Brésil qui a vaincu les Indiens

LE MONDE | 24.04.2014 à 13h47 • Mis à jour le 27.04.2014 à 11h16 |
Par Nicolas Bourcier (Altamira (Brésil) 
Envoyé spécial

Le barrage de Belo Monte, sur le Rio Xingu, devrait être achevé en 2015. | DARIO DE DOMINICIS/AGENCE OLHARES POUR "LE MONDE"

Le jour se lève et sculpte des volumes dans la masse des blocs de pierre. Difficile d’imaginer plus grand que ce cratère flanqué de contreforts terreux et bétonnés, ciselés par la main des hommes et le bras des machines. Aussi loin que porte l’œil à l’horizon poussiéreux, ce ne sont que saillies et turbulences.

La vague des travailleurs matinaux débarqués d’une escadrille de bus donne à ce tableau des airs de ballet lunaire. Comment croire qu’il y a seulement cinq ans ce lieu était au cœur de l’Amazonie profonde du nord du Brésil, un monde quasi vierge et impénétrable, dans les méandres ombrageux du rio Xingu ?

Le barrage de Belo Monte, objet de tant de controverses, est bel et bien en cours de construction et devrait produire, dès 2015, ses premiers mégawatts. Quelque 25 000 ouvriers s’y emploient, jour et nuit. Une armée de tâcherons dispersés à l’intérieur de la « grande boucle » du fleuve légendaire, ce coude naturel formé de rapides gorgés de poissons de toutes espèces.

L’ouvrage hydroélectrique, avec son barrage principal de 3,5 km de large, son canal de dérivation de 20 km, ses digues et sa retenue d’eau de 516 km², prévoit d’alimenter dix-huit mégaturbines ces cinq prochaines années. Belo Monte, 11 233 mégawatts, sera au troisième rang mondial derrière les Trois Gorges, en Chine (22 720 MW), et Itaipu (Brésil et Paraguay, 14 000 MW). De quoi éclairer 18 millions d’habitants ou répondre à un cinquième des nouveaux besoins énergétiques du pays. Pour plus de 10 milliards d’euros, c’est le plus grand projet d’infrastructure du gouvernement de Dilma Rousseff.

Les dizaines de recours en justice déposés par les défenseurs des communautés indiennes, les ONG et groupes environnementalistes n’ont rien empêché. A peine ont-ils retardé le processus : « Soixante jours de retard sur le calendrier des opérations », glisse José Biagioni de Menezes. Grand gaillard, flegmatique, le responsable des travaux de Belo Monte affiche un léger sourire sur ses lèvres minces. A 62 ans, José de Menezes, casque vissé sur la tête et moustache à la gauloise, fait partie des meilleurs professionnels brésiliens du béton et des pressions fluviales.

Selon José de Menezes, responsable du chantier, les opération n'ont pris que soixante jours de retard sur le calendrier, malgré les controverses et les recours des ONG. | DARIO DE DOMINICIS/OLHARES POUR "LE MONDE"

Sûr de lui mais affichant une certaine modestie et de la simplicité, cet amateur de pêche, ingénieur de l’Etat du Minas Gerais, père de deux filles dentistes, a travaillé sur les barrages d’Itaipu et de Tucurui, mais aussi sur celui de Balbina, au nord de Manaus, considéré par certains comme l’une des plus grandes calamités environnementales du pays, avec ses 2 400 km² de terres inondées pour une production très faible.

« De mauvaises décisions politiques et techniques durant une période trouble [la dictature militaire s’est achevée en 1985] », tranche-t-il. Electeur du Parti des travailleurs (PT, centre gauche, au pouvoir), José de Menezes admet que la formation de l’ex-président Lula était contre Belo Monte durant ses années d’opposition. « Mais une fois au pouvoir [en2003], le parti a compris son utilité. » Avant d’ajouter un argument-clé des défenseurs du projet : « Le développement du Brésil est proportionnel à l’énergie produite. Les deux sont intimement liés. »

Nous y sommes. La frontière est tracée. L’entaille béante de Belo Monte sépare deux mondes. D’un côté, le dynamisme de la septième économie mondiale, ses besoins énergétiques gigantesques, sa volonté de désenclaver ses régions les plus pauvres et d’offrir des emplois à des milliers de Brésiliens. De l’autre, la protection des Indiens menacés d’être chassés de ces terres où ils vivent depuis des temps immémoriaux et la préservation du bassin amazonien, poumon vital pour l’Amérique du Sud et la planète entière.

Il faut rouler, se glisser derrière les lignes, prendre ces pistes de terre et se perdre dans cette forêt reculée. Longer la coulée d’asphalte transamazonienne, cette autoroute de la démesure toute proche et qui devait, selon la formule du président Emilio Garrastazu Medici (1969-1974), ouvrir « des terres sans hommes pour des hommes sans terre », oubliant au passage les peuples indigènes.

DARIO DE DOMINICIS/OLHARES POUR "LE MONDE"

Partout, les prémices de bouleversements à venir. La crainte d’une raréfaction des poissons, nourriture et source de commerce des aldeias, ces lieux de vie communautaires indiens en aval du barrage. Les doutes sur les terres qui seront inondées en amont, engloutissant certains quartiers d’Altamira, cité amazonienne bouillonnante de 160 000 habitants, autrefois bourg paisible et désormais engluée dans le trafic urbain, gangrenée par la violence et la flambée des prix.

Ce paysage mutant est hanté par un fantôme. Celui d’une jeune Indienne en colère menaçant un ingénieur à peine plus âgé. La scène remonte au début de l’année 1989. Altamira est alors en ébullition. Aucune des neuf ethnies indiennes de la région ne manque à l’appel. Le grand cacique Raoni, figure de proue des communautés d’Amazonie, avec sa coiffe de plumes et son célèbre plateau labial, est là, lui aussi. Même la pop star anglaise Sting est présente dans cette grande salle municipale pour écouter le jeune ingénieur José Antonio Muniz Lopes et une poignée de représentants d’Eletronorte, l’entreprise publique alors chargée du projet, venus expliquer pour la première fois leurs intentions.

L’époque est au changement. Cette année-là, le Brésil tient sa première élection présidentielle directe depuis l’instauration du régime militaire, en 1964. Et ce projet pharaonique sur le Xingu, hérité de la dictature, réveille les symboles, les mouvements civiques et les préoccupations environnementales. L’image d’un Etat puissant contre des communautés indiennes sans défense crée un émoi international. A Brasilia, toute la gauche s’oppose au projet. Muniz était l’homme choisi par le gouvernement pour défendre l’ouvrage. Celui dont le discours était le plus attendu. Plus tard, il dira qu’il savait que les Indiens essaieraient de l’interrompre, qu’ils chercheraient à l’humilier. Mais aussi qu’il avait reçu l’assurance que sa vie ne serait pas menacée. « J’avais déjà rencontré à l’époque plusieurs chefs indiens », nous confiera-t-il.



Giliarde Juruna est le chef d'un village de la tribu Xikrin, fortement opposée à la construction du barrage. | DARIO DE DOMINICIS/OLHARES POUR "LE MONDE"

Seulement voilà : quelques minutes à peine après le début de la réunion, une femme indienne qui dit s’appeler Tuira se lève, s’approche de l’estrade, fait tournoyer la lame de sa machette et la colle sur la joue du responsable. Son corps est nu, sa main ferme. Elle crie en langue kayapo : « Nous n’avons pas besoin de votre barrage. Nous n’avons pas besoin d’électricité, elle ne nous donnera pas notre nourriture. Vous êtes un menteur ! » Muniz a beau garder son calme, le face-à-face est saisissant. Malgré les annonces, l’Etat finira par battre en retraite. L’image de la machette posée sur cette joue, immortalisée par les 150 journalistes présents, fera le tour du monde. Elle nourrira la légende de la « résistance » indienne au programme hydroélectrique.

Vingt-cinq ans ont passé depuis le geste de Tuira. Le temps a fait son œuvre. Les ingénieurs ont révisé leur projet. L’impact de l’ouvrage a été réduit. Des terres indiennes qui devaient être inondées seront préservées grâce au canal de déviation. Les Indiens, eux, se sont divisés. Une très large majorité des aldeias s’est même décidée à soutenir le projet.

Ingre Koriti hausse à peine les épaules. Jeune Indienne Xikrin, l’une des tribus les plus importantes de la région, installée sur la terre indigène Trincheira Bacajá, au sud du fleuve, elle semble résignée. « La pêche va mourir, c’est évident, dit-elle. L’eau va se raréfier, se réchauffer, les poissons vont mourir ou disparaître de la région. » C’est Ingre, du haut de ses 23 ans, qui explique aux siens les projets liés au barrage : « Personne n’est venu le faire », dit-elle. Avec ses cheveux de jais, longs et fins, une faconde à toute épreuve, cette fille du cacique Naoré Kayapo aurait pu prendre la relève de Tuira. « J’ai grandi avec cette image de Tuira, dit-elle. Cela nous a donné de la force. Mais le souffle est aujourd’hui passé. »

Meurtrie par les divisions apparues au sein de son peuple, Ingre n’a pas de mots assez durs contre les autorités et contre le consortium qui a remporté l’appel d’offres après le feu vert du gouvernement Lula en 2010, Norte Energia, qui regroupe des géants de l’énergie, comme Eletrobras et du secteur minier, comme Vale, ou encore des fonds de pension, comme Petros. « Ce sont eux qui ont versé de l’argent aux aldeias pour détourner leur attention du barrage. »

Avant même d’appliquer un programme de compensation sociale et environnementale de 4 milliards de reais exigée par le ministère de l’environnement, Norte Energia a distribué, en 2011 et 2012, pour 30 000 reais (9 700 euros) par mois de biens matériels aux villages de la grande boucle.
Un « plan d’urgence » dont la liste devait être remplie par les caciques des villages. De quoi alimenter envies et jalousies. Et transformer Altamira en foire de négoce entre Indiens et industriels.

Les villages indigènes du rio Xingu se sont scindés. Les 19 aldeias ont éclaté en 37 entités, dont 34 ont consenti à collaborer avec le consortium. « Dans mon village, la majorité a refusé cet argent, glisse Ingre. Mais certains ont vu des motos arriver dans les villages voisins, des télévisions et des moteurs de bateau. Cela a créé des tensions. Un jour, on a appris que cette manne s’était tarie, sans explications. Nos terres sont vulnérables et les Indiens toujours plus dépendants. »

Calé sur la chaise de son petit bureau d’Altamira, Fernando Ribeiro admet que cet arrêt financier soudain, en septembre 2012, était une erreur. A 34 ans, ce jeune membre de la direction du secrétariat indigène à Norte Energia évoque des « querelles » entre les peuples indigènes et le consortium, et regrette l’absence d’explications. Lui-même a pris ses fonctions peu après l’arrêt du plan.

Le gouvernement et le consortium veulent terminer l’usine, et les Indiens, améliorer leur quotidien. Mais la Funai, l’organisme public chargé de la protection des indigènes, s’avère sous-dimensionnée pour répondre aux besoins. « Je ne sais pas ce qui est le plus important pour les Indiens, s’il faut une télé ou des graines de manioc. La Funai, elle, le sait, et nous fournit les listes. Mais ils n’ont que vingt-deux fonctionnaires », dit-il.

Devant un mur de cartes de cette vaste région qu’est l’Etat du Para, il énumère la quarantaine de prérequis imposés par les autorités. De l’édification d’écoles et de postes de santé dans des villages à la construction de routes et d’un système d’assainissement des eaux à Altamira, en passant par l’élaboration d’un programme d’observation de la qualité du fleuve Xingu : « C’est, affirme-t-il, la licence environnementale la plus exigeante de l’histoire du Brésil. »

Dehors, sous une terrasse ombragée surplombant le fleuve, Joao dos Reis Pimentel, responsable des projets sociaux et environnementaux du consortium, se plaît à rappeler que le nombre d’Indiens atteints par le paludisme a baissé de 80 % en trois ans. En 2010, insiste-t-il, le réseau des eaux usées ne couvrait que 14 % d’Altamira, une époque où la ville se faisait encore appeler la « Cité des urubus », du nom des oiseaux charognards. Le dirigeant résume sa pensée en une phrase : « Nous sommes là pour faire ce que l’Etat n’a pas fait pendant des décennies. »

Plus bas, le long de la rive, le quartier d’Aparecida, construit de briques et de bois, de maisons sur pilotis ou d’habitats dérisoires posés sur monticules, vit ses derniers jours. Il sera inondé une fois le barrage opérationnel. Les négociations pour reloger ses 7 800 familles sont en cours. José, fabricant de tuiles en terre cuite, dit avoir accepté l’indemnisation financière proposée par le consortium : 20 000 reais. Il s’apprête à s’installer chez sa sœur en attendant de trouver un toit. Comme 57 % des habitants d’Altamira, selon une enquête d’opinion, José affirme soutenir le barrage, surtout pour les emplois créés. En revanche, il rejoint les 44 % des personnes interrogées qui estiment que la situation d’Altamira va empirer une fois les travaux terminés.

DARIO DE DOMINICIS/OLHARES POUR "LE MONDE"

De nombreuses voix se sont élevées contre les habitations construites au pas de charge ces derniers mois. Quelque 4 100 maisons estampillées Norte Energia, réparties dans cinq quartiers de la périphérie d’Altamira et prévues pour être livrées à partir de juillet. Des successions de carrés de béton sur une terre rouge vif, trois-pièces-cuisine aux murs fins, sans charme aucun. Selon le décompte des autorités, 12 000 personnes sur les 20 000 affectées par le barrage y seront logées.

« Vous vouliez quoi, que nous passions au nucléaire ? », rétorque Joao dos Reis Pimentel à ceux qui soulèvent ces questions, avant d’ajouter : « Belo Monte est un projet emblématique qui dépasse la question indigène et les questions sociales. Et oui, il symbolise quelque chose que l’on aime détester, surtout à l’étranger. » Il répète que le Brésil a besoin de croître, qu’il est le seul pays à disposer d’une énergie propre sur les sept premières puissances mondiales et qu’il serait insensé de renoncer à une telle ressource. Comme tous les employés du consortium, il dit ne pas pouvoir mesurer avec précision l’impact du barrage. « Mais nous avons tout fait pour réduire sa taille et préserver les terres indigènes. Il n’y a que 250 Indiens touchés directement. »

Des chiffres qui exaspèrent les opposants historiques à Belo Monte. Coordinateur de l’Institut environnemental et social d’Altamira, Marcelo Salazar répète qu’un barrage de cette taille provoque des dégâts bien au-delà de sa géographie proche. « De tels travaux ouvrent des brèches, soutient-il. Il y a la déforestation, l’entrée du trafic illégal. Prenez Belo Sun, le plus grand projet d’exploration d’or du Brésil situé en bordure du Xingu. N’a-t-il pas été signé après le feu vert du barrage ? »

Dans sa petite cathédrale, sise en face du Xingu, non loin d’Aparecida, Dom Erwin Kräutler, évêque du diocèse du Xingu, serre les mains qui se tendent vers lui. « Ce serait évidemment ridicule de mettre une cloche sur les Indiens pour les préserver, lâche-t-il. Le pays a besoin d’énergie et des barrages doivent être construits, mais pas de cette façon. »

Avec sa longue silhouette et sa coupe au bol, cet infatigable défenseur de la cause indigène, installé ici depuis quarante-neuf ans, Dom Erwin, comme on l’appelle, est une figure familière d’Altamira. En 1989, au moment du geste de Tuira, l’homme d’Eglise soutenait encore le PT. « Ce parti est l’une de mes plus grandes déceptions. Lula nous a menti en affirmant que le projet ne serait approuvé que s’il bénéficiait à tout le monde. » Il se souvient de la venue du président en 2010, et de la façon dont il a fait basculer certaines ONG en faveur du barrage. « Nous avons perdu, mais on continue. Les Indiens ont le droit de jouir de ce progrès, à condition qu’ils ne perdent pas leur identité. »

Antonia Mello acquiesce. Militante, responsable de Xingu Vivo, une ONG installée non loin de la cathédrale, elle se bat contre le barrage depuis plus vingt ans. Infatigable, elle énumère les griefs contre Belo Monte comme d’autres égrènent leur chapelet. Non sans amertume. Sœur de lutte, elle a croisé Tuira à plusieurs reprises. Un jour de 2010, elle l’a vu parler des subsides avec les représentants d’Eletrobras. Trois ans plus tard, Tuira exigeait de mettre fin aux négociations avec le consortium. « Comme tant d’autres, elle a hésité. Mais elle s’est reprise. »

Il faut deux bonnes heures pour atteindre en voiture les premières aldeias du Xingu. Une route en partie asphaltée, pour les besoins du chantier. Là, le village Murato des terres indigènes Paquiçamba a des airs de bourg champêtre avec sa quinzaine de maisons en bois, ses paraboles, son école et son terrain de football.

Murato a la réputation d’être coriace. En 2011, une demi-douzaine d’ingénieurs du consortium y avaient été enfermés plusieurs jours. « Ils ont promis tellement de choses et rien n’arrivait, nous avons donc agi », dit Giliarde Juruna, jeune cacique du village. Les ingénieurs ont été relâchés mais un camion et un bulldozer sont restés entre les mains des Indiens, tels des trophées de guerre.
« Ils disent que nous sommes violents, dit-il, mais ce sont eux les agresseurs, avec leurs machines ! » Tous ici se souviennent de Tuira et de sa machette.
« Mais comment vouliez-vous que les Indiens refusent autant d’argent ? », poursuit-il en évoquant le plan d’urgence. Giliarde dit avoir refusé les avances du consortium : « Nous demandons un agrandissement de notre terre pour compenser le manque d’eau à venir. Mais personne n’a répondu jusqu’à ce jour. »

Il est tard. Les écrans de télévision illuminent les salons de Murato. Des jeunes flânent sur les rives du fleuve. Sans un mot, le chef Giliarde Juruna monte sur le bulldozer confisqué, une machette en bandoulière. Il accélère droit devant avant de disparaître au creux de la colline.



Sur le chantier, les 25 000 ouvriers s'affairent jour et nuit. | DARIO DE DOMINICIS/OLHARES POUR "LE MONDE"

 Nicolas Bourcier (Altamira (Brésil) Envoyé spécial) 
Journaliste au Monde

Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/04/24/coup-de-machette-dans-l-eau_4406750_3222.html

vendredi 25 avril 2014

Nucléaire : Interpelez votre Député Maintenant






Envoyez la lettre ouverte à votre député en un clic !

Chère amie, cher ami,

Alors qu’EDF cherche à obtenir la prolongation du fonctionnement des réacteurs nucléaires jusqu’à 50 voire 60 ans, nous devons agir pour contrecarrer ce projet lourd de risques. Les réacteurs ont été conçus pour fonctionner approximativement 30 ans, et déjà 27 d’entre eux ont dépassé cette durée...

Nous devons absolument interpeller nos député-e-s sur le danger majeur et sur les coûts astronomiques que ce choix impliquerait. En effet, à l’automne prochain, les parlementaires débattront de la loi sur la transition énergétique.

Tous les parlementaires ne sont pas des relais zélés de la propagande du lobby nucléaire ; mais la plupart d’entre eux/elles connaissent mal les enjeux énergétiques et nucléaires. En agissant avec nous, vous pouvez influer sur la position qu’adoptera votre député-e.

Interpelez votre député-e en 1 clic, envoyez-lui dès maintenant la lettre ouverte "Nucléaire 30 ans d’âge : stop au rafistolage !"


Extrait : « Je vous appelle à contrecarrer le projet d’EDF et de ses relais au sein des institutions : les réacteurs nucléaires ne doivent en aucun cas être prolongés à 40 ans ou au-delà, au prix d’un rafistolage coûteux et d’un risque accru d’accident majeur. Au contraire, les réacteurs qui ont dépassé 30 ans d’âge doivent être arrêtés dans les plus brefs délais. »

Merci infiniment pour votre engagement à nos côtés !

Toute l’équipe du Réseau "Sortir du nucléaire"

jeudi 24 avril 2014

Petit Train Jaune : Perpignan 25 avril 18h : Quel Avenir Pour le Canari ?

On a reçu ça : 

DEBAT TRAIN JAUNE LE 25 AVRIL à 18 H

Bonjour.

Ici Jean Monestier.

Je vous mets en PJ une invitation à un débat public sur le Train Jaune que j’ai trouvée ce mardi 22 avril dans le train « Prades > Perpignan ». J’y ajoute le document explicatif, qui contient par ailleurs l’adresse d’une pétition de soutien.

Je ne suis pas CGTiste, mais il y a dans ces documents des idées intéressantes, et peu d’autres groupements montent au créneau. Quand on admet que le transport sur rail, à masse égale et à vitesse égale, consomme deux à trois fois moins d’énergie que le transport sur route, il serait temps d’en tenir compte dans la transition énergétique affichée mais toujours pas sérieusement entreprise, et, selon moi, de pousser dans ce sens là. Personnellement, même si je ne suis pas automatiquement d’accord sur tous les points, je répondrai donc à cette invitation.

Pour le train Jaune, l’indifférence des populations, qui l’utilisent de moins en moins, même pour se promener (voir la file d’attente automobile le dimanche soir au PN de Marquixanes), tout en proclamant peut-être verbalement leur attachement à ce patrimoine roulant, reste un vrai problème.

Espérons que les élus, même s’ils tiennent forcément compte de cette indifférence, se feront au moins représenter à ce débat, et que, à défaut de Christian Bourquin, Robert Navarro sera présent au

PALAIS DES CONGRES de Perpignan le vendredi  25 avril à 18h00.


Ce sont tout de même leurs prédécesseurs qui ont séparé la ligne du Train Jaune des équipements hydro-électriques de la vallée de la Têt qui en confortaient l’équilibre économique.

Espérant voir au moins certains d’entre vous ce soir là.

Amicalement.




samedi 19 avril 2014

Bibliothèque itinérante dans les Pyrénées Orientales

Nous avons reçu des nouvelles de Claude qui tient une bibliothèque itinérante


"Et voilà le programme :




dimanche 27 avril : château de l'Esparrou à Canet

samedi 24 et dimanche 25 mai au Forum des Possibles à Fillols

et les 28,29,30 et 31 Août Rencontres nationales de la Décroissance à Cerbère.




A part ça, je suis présente à l'Amap d'Energie Citoyenne, sur le campus de la fac de Perpignan un lundi sur deux (à partir de 18h) et je fais permanence à la Cyber Bodega, 26 rue de l'avenir à Perpignan, les mercredis et samedis après-midi.


On peut trouver plein d'infos sur les activités sur le site : bibliolib.eu




Voili, voilou, bises




Claude"

vendredi 18 avril 2014

Les OGM contaminent aussi la France !


Agriculture - OGM | le 15 avril 2014

Les OGM contaminent aussi la France !

Six OGM différents ont été détectés dans des semences de maïs “certifiées sans OGM” vendues en France en 2013 et 2014 par le semencier espagnol Semillas Fitó ! Une situation inacceptable que nous dénonçons, alors que la loi sur l’interdiction du maïs OGM en France est en débat cet après-midi même à l’Assemblée nationale.

Semences de maïs Tauste commercialisées en france en 2013

Six OGM détectés dans des semences de maïs “certifiées sans OGM”

Nous avons fait tester par le laboratoire indépendant Eurofins, 3 échantillons aléatoires de semences de maïs d’environ 3 kilos, commercialisés en 2013 et 2014. Le laboratoire y a détecté les OGM suivants :

- 3 OGM différents dans l’échantillon de maïs ORDINO de 2014 : les TC1507, MIR604 et DAS-59122 ;

- 6 OGM différents dans l’échantillon de maïs ORDINO de 2013 : les MON810, MON863, NK603, TC1507, MON88017, DAS-59122 ;

- 2 OGM différents, dans l’échantillon de maïs TAUSTE de 2013 : les TC1507, DAS-59122.



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Etiquette du sachet de semences de maïs Ordino 2014 acheté en France en avril 2014

Sachet de semences de maïs Ordino acheté en France en avril 2014

Des agriculteurs français floués

Ces OGM ont été vendus, semés et cultivés dans les champs, on ne sait où en France, à l’insu d’agriculteurs qui ne souhaitaient pas planter d’OGM ! Ils ont été trompés par ce semencier, et ce maïs contenant des OGM se retrouve donc potentiellement dans notre alimentation.

Notre demande est claire : les semences de maïs incriminées doivent être immédiatement retirées du marché, le gouvernement doit mettre en place de réelles mesures de contrôle, et sanctionner sévèrement les infractions à ces règles.

Nous le répétons : la coexistence entre cultures OGM et non- – OGM est impossible !

La loi interdisant la culture de maïs OGM en France, en débat cet après-midi à l’assemblée nationale, est à la fois une nécessité et une urgence.
Mais cette loi ne sera pas suffisante : pour lutter efficacement contre les OGM, la France doit agir au niveau européen pour renforcer l’évaluation des OGM et s’assurer qu’elle prenne en compte l’ensemble des impacts sanitaires à long terme, environnementaux et socio-économiques.

Les semenciers sont manipulateurs et peu scrupuleux. En effet, dans certains cas comme au Brésil, les semenciers et lobbies pro – OGM ont introduit ces cultures dans les champs, contaminant les cultures alentour, et utilisant la contamination pour obtenir, de fait, l’autorisation de mise en culture ! S’agit-il d’une manœuvre de plus des semenciers et lobbies pro-OGM pour les faire entrer coûte que coûte les OGM dans les pays qui n’en veulent pas ?

Nous refusons cette fatalité ! Et nous vous donnons le pouvoir de dire non en commençant par interpeller les marques qui utilisent encore des OGM dans la fabrication de leurs produits !

                                       bouton_guetteur

Source : http://agriculture.greenpeace.fr/les-ogm-contaminent-aussi-la-france

mercredi 16 avril 2014

Café Repère du Conflent Jeudi 17 Avril 2014 19h30


Bonjour tout le monde,

le Café Repaire du Conflent dans les Pyrénées Orientales se réunira ce jeudi 17 avril 2014 au bar du Canigou à Villefranche de Conflent à 19h30 (heure d'été) .

Au menu du jour :

* Anniversaire des 3 ans du Repaire
* Bilan des municipales
* Forum des Possibles les 24 et 25 mai à Fillols


Et bien sûr tout sujet qui vous viendrait à l'esprit


Que la vie vous soit douce

(LN pour le Repaire du Conflent dans les Pyrénées Orientales)


lundi 14 avril 2014

Le Grand Marché Transatlantique et les Normes Sociales en Vigueur en Europe : Un Démantèlement Programmé


Le grand marché transatlantique et les normes sociales encore en vigueur en Europe

Un démantèlement programmé

Il n’y a pas d’Europe sociale. Chacun sait qu’il n’y a pas de droits sans possibilité de les faire respecter. Dès le traité de Rome de 1957, les six gouvernements fondateurs ont renoncé à l’obligation d’harmonisation sociale parallèlement à la volonté d’harmonisation commerciale et économique. L’harmonisation sociale devait résulter, comme l’indique l’article 117, du « fonctionnement harmonieux du marché ». On voit aujourd’hui ce qu’il en est avec 27 millions de chômeurs  et un droit du travail en plein recul !  

Quand on observe les propositions et les recommandations de la Commission européenne aux Etats membres de l’UE, il est manifeste que l’objectif est d’abolir peu à peu le droit du travail comme domaine juridique spécifique et non assimilable à des relations civiles privées. Ce qui nous ramène à ce 19ème siècle si cher aux libéraux, époque où c’est la voix de l’employeur qui primait toujours sur celle du salarié.

Nul ne s’étonnera dès lors qu’aillent dans le même sens les propositions faites par la Commission européenne au Conseil des Ministres et approuvées par celui-ci, le 14 juin 2013, en vue de l’adoption du mandat de négociation pour la création du « partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (ou grand marché transatlantique- GMT). En fait, ce GMT fournit l’opportunité de procéder au démantèlement de ce qui existe encore en matière de normes sociales dans un certain nombre d’Etats de l’Union européenne. Faut-il préciser que, pour la préparation du mandat de négociation, la Commission européenne reconnaît elle-même avoir tenu, entre janvier 2012 et avril 2013, 119 réunions avec les représentants des milieux patronaux et financiers ?

Avec le GMT, un des grands objectifs poursuivis par l’UE et les USA – c’est-à-dire par les multinationales transatlantiques fidèlement relayées par les gouvernements et la Commission européenne – c’est d’atteindre le plus petit dénominateur commun en matière de législations et de règlementations sociales. Le texte parle de « compatibilité des réglementations », « d’harmonisation ». Or, depuis que le libre-échange concerne non seulement les droits de douane, mais aussi ce qu’on appelle les « obstacles non-tarifaires », on sait que les négociations de ce genre visent à obtenir les normes les moins contraignantes pour les entreprises. C’est aussi l’objectif des accords de l’Organisation Mondiale du Commerce. Or, l’article 3 du mandat européen pour le GMT annonce « un haut niveau d’ambition d’aller au-delà » de ces accords. Enfin, il faut se souvenir que les USA n’ont pas ratifié les plus importantes conventions sociales de l’OIT.

De prétendues garanties

On trouve dans ce mandat des dispositions présentées par la Commission européenne et le gouvernement français comme des garanties de nature à protéger les normes sociales. Ainsi par exemple, cette phrase à l’article 8 « L’Accord devrait reconnaître que les Parties n’encourageront pas le commerce ou l’investissement direct étranger par l’abaissement de la législation et des normes en matière d’environnement, de travail ou de santé et de sécurité au travail, ou par l’assouplissement des normes fondamentales du travail ou des politiques et des législations visant à protéger et promouvoir la diversité culturelle. » De même, on peut lire, à l’article 32 que « L’Accord comportera des mécanismes pour soutenir la promotion du travail décent à travers l’application nationale efficace des normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT) telles que définies dans la Déclaration de l’OIT de 1998 relative aux principes et droits fondamentaux au travail, (…). »

Quelle crédibilité accorder à ces « garanties » ?

On notera qu’à l’article 8, il ne s’agit que d’un souhait et que les « garanties » de l’article 32 ne résistent pas au fait que les USA n’ont pas ratifié les normes fondamentales du travail de l’OIT.

Depuis l'arrivée de Jacques Delors à la tête de la Commission européenne, toutes les propositions de cette Commission, vont dans le même sens : accorder au principe de la libre concurrence une application sans limite. Ainsi, par exemple une communication de la Commission au Conseil des Ministres et au Parlement européen publiée au Journal officiel de l’UE du 13 septembre 2001 : « Si des problèmes concrets se posent, la Commission aimerait recevoir les contributions du secteur privé et de la société civile afin d'identifier les solutions qui devraient ou pourraient être prises. Pour contribuer à définir d'éventuelles solutions, la communication inclut une liste non exhaustive de solutions possibles. Les solutions proposées sont :

*    laisser au marché la solution de tout problème rencontré 
*  promouvoir l'élaboration de principes non contraignants, communs. »

Depuis le début de la crise, la Commission, dotée de compétences nouvelles (semestre européen, MES, TSCG), adresse des recommandations qui demandent toutes la libéralisation voire la privatisation des services publics, la remise en cause du droit du travail, le démantèlement de la sécurité sociale. Il faut voir l’insistance que met la Commission à exiger que les Etats qui pratiquent encore la liaison des salaires et des allocations au coût de la vie y renoncent. En outre, il faut se rappeler que quatre arrêts de la Cour de Justice de l’UE (arrêts Viking, Laval, Rüffert, Commission contre Luxembourg) créent une hiérarchie des normes européennes qui place au plus haut niveau le primat du marché et de la concurrence sans limite et qui subordonne le droit social aux lois du marché.

Comment peut-on croire un seul instant que les dispositions du mandat relatives aux normes sociales seront défendues face aux USA par une Commission européenne dont tout l’effort est précisément de remettre en cause les normes sociales ?

Une « justice » privée pour le secteur privé

En outre, en prévoyant, à l’article 32 du mandat européen de négociation, le recours à un mécanisme de règlement des différends en matière sociale, nos gouvernements sont disposés à confier à des groupes d’arbitrage privés le soin de régler tout conflit sur les législations et réglementations sociales entre une firme privée et les pouvoirs publics, enlevant ainsi à nos tribunaux le pouvoir de trancher ce type de conflits. Un mécanisme de règlement des différends n’est en aucune façon un tribunal : c’est une structure créée au cas par cas, composée de personnes privées choisies par les parties, qui délibère en secret et dont les décisions sont sans appel. Une structure de ce type poursuit un seul but : donner raison à la firme privée. C’est ce que montre l’exemple de l’accord de libre-échange Canada-USA-Mexique signé il y a 20 ans qui sert de modèle au GMT.

Tout doit être mis en œuvre pour faire échouer cette négociation UE-USA qui transformera, si elle aboutit, les 28 Etats de l’UE en 28 colonies américaines.

Raoul Marc JENNAR

Auteur de « Le grand marché transatlantique. La menace sur les peuples d’Europe », Perpignan, Cap Bear Editions, mars 2014.