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mardi 31 décembre 2013

Pierre Rabhi : "le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable"

Pierre Rabhi : "le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable"

BARNABÉ BINCTIN (REPORTERRE)
dimanche 29 décembre 2013


Démographie, mariage homosexuel, OGM, ministres écologistes : Pierre Rabhi répond en franchise et fermement, dans le deuxième volet du long entretien qu’il nous a accordés.

Après un premier entretien il y a quinze joursReporterre retrouve Pierre Rabhi pour prolonger la discussion sur les grands enjeux écologiques de la société française.
Le gouvernement organise un débat public national la « transition énergétique ». Qu’en attendez-vous ? Que doit mettre en place le gouvernement ?
Pierre Rabhi - Avant toute chose, il faut d’abord qu’on réduise notre avidité. Comment voulez-vous répondre à une insatiabilité permanente par des ressources limitées ? Lorsqu’on cherche à résoudre un problème, il faut commencer par savoir ce qui le détermine. Quel est le problème du monde ? Notre insatiabilité. Et qu’est-ce qu’on a fait de l’être humain ? Un être insatiable.
On ne met jamais en évidence ce que l’on a, ce qui peut déjà nous réjouir. On ne parle jamais de ce dont on a vraiment besoin. J’ai besoin d’être nourri, j’ai besoin d’être vêtu, j’ai besoin d’être abrité et j’ai besoin d’être soigné. Tous ces éléments-là doivent être partagés avec l’ensemble du genre humain. Tout le monde doit, légitimement, bénéficier de ça. Après, que reste-t-il ? Il reste ce qu’on appelle le superflu. Et aujourd’hui, le superflu est sans limites alors que l’on ne parvient pas à assurer l’indispensable... Il paraît que le marché de luxe ne connaît pas de crise. Par contre, on n’a plus d’argent pour ce qui est indispensable, pour nourrir des enfants qui viennent au monde, pour les aider à survivre et à créer une société conviviale et belle.
Et les gaz de schistes participent de cette tendance énergivore…
Ça prouve une fois de plus que la civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. On a créé une civilisation fondée sur la consommation énergétique, sur l’usage de l’énergie, et on est devenu prêt à toutes les concessions pour que ça perdure. Parce qu’on sait parfaitement qu’aujourd’hui, sans pétrole et sans électricité, tout s’effondre. On a fondé une civilisation qui a un besoin absolument vital, et sans aucune restriction, de la combustion énergétique. On comprend ensuite pourquoi la question de l’énergie devient si gigantesque, et pourquoi on essaye de trouver d’autres ressources…
Pourtant, notre population augmente, nous sommes sept milliards d’êtres humains sur Terre, bientôt neuf. Cela va augmenter le niveau de consommation, il faut un réseau de production énergétique important, pour les transports, pour l’alimentation,...
Non, l’histoire de la démographie n’a rien à voir là-dedans. Je suis radical là-dessus, je ne peux pas supporter qu’on dise que c’est parce que nous sommes trop nombreux qu’il y a la faim dans le monde. On agite en permanence cette idée et beaucoup de gens pensent ça. C’est une réalité dans nos consciences collectives, mais ce n’est pas vrai !
Il n’y a pas la faim dans le monde parce que nous sommes trop nombreux, il y a la faim dans le monde parce que nous faisons partie des gens qui se baffrent au-dessus de la nécessité, qui satisfont leur poubelle et leur décharge publique bien plus que tous les autres… Cela repose la question éthique de notre système planétaire.
Aujourd’hui, on concentre beaucoup de moyens sur le meurtre, on est capable de créer des armes terrifiantes et on consacre beaucoup d’argent pour fabriquer des missiles intercontinentaux ou des avions de guerre. C’est significatif du niveau moral où nous nous situons. Une grande partie de l’énergie humaine est consacrée à la destruction de l’homme par l’homme. Et l’autre partie de l’énergie est destinée à détruire le milieu vivant. Ça veut dire que l’on rend beaucoup plus hommage à l’aspect négatif de notre destin : on entretient beaucoup mieux ce qui relève de la mort que ce qui relève de la vie.
Un autre sujet de ce début d’année, qui intéresse beaucoup les écologistes, c’est le mariage homosexuel. De quelle manifestation étiez-vous en janvier ?
D’aucune.
Vous n’avez pas d’avis sur le mariage homosexuel ?
Pour être honnête, je ne sais pas comment l’aborder. Cette mobilisation est devenue un tel enjeu de société ces dernières semaines... Pour moi, ça ne figure pas sur l’agenda des priorités. Je crois que c’est quelque chose qui m’intéresse assez peu, je suis beaucoup plus préoccupé par les enfants qui meurent de faim. C’est là qu’on se rend compte que nous ne subissons pas les problèmes fondamentaux, que nous sommes dans une sorte de délire généralisé. Le mariage homosexuel est un symbole de cette manipulation des consciences, où on crée des phénomènes de société qui n’en sont pas.
Le principe de lutte pour l’égalité du droit au mariage ne vous touche pas particulièrement ?
Si, bien sûr. Je suis plein de compassion à l’égard de ceux qui ont été victimes de discrimination et d’exaction. Que des gens s’aiment et aient des attirances, quels que soient les sexes... je ne vois pas où est le problème. Ils sont libres de le faire et heureusement. Mais que cela devienne ensuite une problématique sociale aussi énorme… Par contre, ce qui me pose problème dans le débat actuel, c’est qu’il y a une troisième entité qui n’est pas consulté. C’est l’enfant. L’enfant qu’on va faire naître par je ne sais quel stratagème…
Vous pensez à la PMA ?
Je ne peux pas souscrire à un tel mécanisme de procréation artificielle. Est-ce que l’on réalise ce que cela implique comme destin pour la personne concernée ? J’essaye d’imaginer un enfant à l’école, expliquant à ses camarades comment il est venu au monde... Je ne peux pas comprendre qu’on fasse advenir sur Terre un être humain selon un tel procédé, qui l’engage pour toute sa vie, sans qu’il ait pu un seul instant être consulté auparavant. Car personne ne peut se mettre à sa place pour savoir comment il vivre cela...
Privilégieriez-vous l’adoption dans ce cas, ou êtes-vous simplement opposé à l’idée d’enfants pour les couples homosexuels ?
Non, je n’ai aucun problème avec l’idée de familles homoparentales, bien au contraire. Vous savez, il y a tellement d’enfants qui ne demanderaient que de l’amour pour grandir... L’adoption me semble un processus beaucoup plus sain en effet, j’y vois beaucoup moins d’inconvénients que dans les artifices de la PMA.
La PMA, c’est simple, je m’y oppose. C’est un syndrome inhérent à la modernité : on intègre dans des activités humaines des éléments qui n’ont pas raison d’être. Qu’est-ce que l’agriculture chimique, si ce n’est d’empoisonner la terre pour nourrir les gens ? On s’étonne après que les gens soient malades, qu’ils aient des cancers. Il y a une logique simple : si on met des poisons dans la Terre, on les retrouve dans le corps humain, dans le corps animal et dans le corps végétal. Si on n’est pas assez intelligent pour comprendre cette évidence, alors c’est désespérant.
La question des OGM paraît être un peu plus importante dans votre hiérarchie des priorités...
Les OGM sont un crime contre l’humanité. C’est un enjeu énorme pour moi. Il faut comprendre ce que cela implique pour nos semences traditionnelles et reproductibles. Depuis 12 000 ans, date de ce qu’on appelle la révolution néolithique, l’humanité dans son aventure agronomique n’a pas cessé, sur toute la planète, de repérer dans le sauvage ce qui peut être domestiqué à des fins de survie. Cela a représenté un potentiel énorme que l’humanité s’est transmise de génération en génération.
Combien de variétés ont-elles ainsi circulé ? Une multitude. On a mutualisé tout cela, et on a enrichi le potentiel alimentaire de l’humanité par le partage et l’échange. Aujourd’hui, on prétend qu’on va supprimer cette richesse immense – 60 % des semences anciennes ont déjà disparu ! – ce qui laisse le champ libre et un espace commercial aux OGM. C’est cousu de fil blanc, mais c’est criminel.
Que peut faire le monde paysan face à ça ?
On a détruit les paysans, qui géraient les entités en système écologique. On en a fait des exploitants agricoles, en leur disant« consommez toujours plus d’engrais chimiques, de pesticides,... ». Et on a ainsi ouvert des marchés mondiaux, qui nous donnent une nourriture qui porte en elle les germes de la mort.
Est-ce au niveau politique qu’il faut agir aujourd’hui ? Que pensez-vous des deux ministres écologistes au sein du gouvernement, par exemple ?
Cela ne m’inspire rien. Tant qu’on maintiendra notre modèle de société dans la logique actuelle – cette logique qu’on lui a, nous humains, attribué et avec laquelle on l’a organisé – on ne fera que de l’ersatz, du semblant. On continuera de manier des rustines, mais on ne prendra pas le problème dans sa globalité. Il faut véritablement changer de paradigme, c’est-à-dire adopter une vision qui mette l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations, non le profit.
Pourquoi ne vous engagez-vous pas plus dans la politique ?
Je fais de la politique, mais non politicienne. Je travaille à la prise de conscience, à ce que chacun comprenne que nous avons un pouvoir. C’est l’histoire du colibri. Il y a un potentiel qui permettrait de changer la société, mais il n’est pas en cohésion, il n’est pas orienté pour aller dans le même sens. Il faut mobiliser ce potentiel. Je fais de la résistance, donc je fais de la politique. Mais je n’ai pas besoin de strapontin politique.
Propos recueillis par Barnabé Binctin
Lire le premier volet de cet entretien : Pierre Rabhi : "l’écologie interroge notre regard sur la vie".


Source : Barnabé Binctin pour Reporterre.
Première mise en ligne le 2 mars 2013.

lundi 30 décembre 2013

Pierre Rabhi : "L’écologie interroge notre regard sur la vie"

"Dans un entretien avec Reporterre, au moment où il lance la "révolution des colibris", Pierre Rabhi souligne la dimension humaniste de l’écologie."

Pierre Rabhi : "L’écologie interroge notre regard sur la vie"

BARNABÉ BINCTIN (REPORTERRE)
jeudi 26 décembre 2013



Dans un entretien avec Reporterre, au moment où il lance la "révolution des colibris", Pierre Rabhi souligne la dimension humaniste de l’écologie.

En ce début 2013, il est encore temps de tirer un bilan de l’année précédente. Que retenez-vous des élections présidentielles françaises, américaines, russes ; des conférences de Rio, de Doha ou d’Hyderabad ?
Pierre Rabhi - Nous sommes aujourd’hui dans un contexte général d’interrogations sur l’avenir, et l’écologie entre en ligne de compte comme un paramètre qu’il faut appréhender. C’est normal. Mais ce paramètre, qui est essentiel, n’est pas suffisamment mis en exergue, selon moi. Je dirais qu’on met un peu d’écologie pour condimenter l’ensemble du système, mais l’écologie n’apparaît pas encore comme un urgence et une priorité absolue. Au contraire. Je dirais même que l’écologie politique reste un peu limitée. Je pense que c’est parce qu’elle s’appuie sur du factuel. Or l’écologie ne nous interpelle pas seulement sur le trou d’ozone, le carbone ou sur l’épuisement des ressources, mais aussi sur un registre plus intime, un registre de l’ordre du personnel. L’écologie interroge notre regard sur la vie, notre positionnement par rapport aux mystères de la vie. Il n’y a pas assez de beauté invoquée, pas assez de mystères. On reste sur un discours élémentaire, mais qui ne prend pas l’élan de quelque chose de plus fondamental et essentiel.
Vous reconnaissez-vous dans la mobilisation populaire qui s’est formée à Notre Dame des Landes ?
Je ne peux que m’y reconnaître. Notre-Dame-des-Landes est un exemple de cette modernité qui ne prend à l’évidence pas en compte la priorité écologiste. Quand on détériore un espace vivant, on le détériore pour très longtemps. On fait une soustraction douloureuse sur ce patrimoine vivant, alors qu’on aurait besoin au contraire de mieux le préserver. A partir de là, je ne peux pas souscrire à des caprices immédiats face à quelque chose qui a plutôt une densité éternelle.
Qu’est-ce qui vous dérange particulièrement dans le projet de Notre-Dame-des-Landes ?
Je sens derrière tout ça une manifestation de la vanité humaine, je sens un prétexte à créer de l’emploi et du profit. Je ne suis pas dupe de tout ça.
L’argument de l’emploi n’est-il pas valable ?
C’est un argument que tout le monde sort. C’est un argument facile, puisque le modèle dit effectivement qu’il faut de la croissance pour s’en sortir. C’est comme cela qu’on s’installe dans un quiproquo type « c’est par la croissance qu’on va augmenter les choses ». Seulement, ce qu’on oublie, c’est que lorsqu’on commet un préjudice sur la nature, celui-ci dure longtemps. Cela peut être un préjudice immédiat, mais quoiqu’il en soit, on l’inflige aux générations futures. On ne peut pas, sous prétexte de créer de l’emploi, détruire ce qui est le patrimoine collectif de l’humanité, depuis le passé jusqu’au futur.
Le chômage est pourtant un problème fondamental de notre société actuelle, comment crée-t-on de l’emploi sans créer de richesses, lorsqu’on porte comme vous un projet de décroissance ?
Je récuse de manière radicale le modèle, car il donne la priorité absolue au profit au détriment de l’humain et de la nature. Je ne peux pas admettre ce modèle, qui est comme une idéologie intégrée. Il provoque les symptômes négatifs, et ensuite on nous demande de nous acharner sur ces symptômes, sans aller vers la raison première qui a elle-même déterminée le modèle. C’est de cette raison dont il faut se débarrasser. Sinon, on maintiendra la logique qui produit les dérives et les dysfonctionnements. Croire que, parce qu’on va rajouter quelques emplois par-ci ou par-là – même s’il s’agit de milliers d’emploi ! – cela s’inscrit dans une continuité de la durée de la vie, c’est une illusion. On répond à une problématique limitée en mettant en cause les fondements limités. On est dans le délire complet. Il faut se débarrasser de ce modèle de croissance économique infinie, qui a produit une féodalité planétaire. Si on fait le bilan, qui profite de toute cette mécanique mondiale ? C’est quand même un tout petit club de super-nantis, qui laisse dans la détresse, voire dans l’indigence, la majorité de l’humanité…
Que doit faire l’écologie politique pour porter ce contre-modèle ? Quels sont les leviers du changement pour les écologistes ?
L’écologie, telle qu’elle est, ce n’est pas un défaut. L’écologie, c’est la Vie. L’écologie ne choisit pas « vous êtes de droite, vous êtes de gauche », elle n’est pas du tout basée sur des choix de ce genre. On l’oublie complètement, mais l’écologie concerne la survie de l’humanité, ou pas. Il y a une biosphère, qui s’est construite d’une certaine façon, depuis des millénaires ; la Vie est advenue, la vôtre, la mienne, etc. L’écologie ne doit pas être réduite à une pensée politique et limitée, car construite sur l’éphémère. On ne peut pas prendre ce qui est de l’ordre de la pérennité de la vie elle-même pour une pensée limitée et simplement conjoncturel. On est en train de faire des mélanges.
Vous savez, l’écologie aurait dû être enseigné à l’enfant depuis tout petit. On devrait lui apprendre qu’il est vivant grâce à la vie, telle qu’elle s’est organisée, et qu’il est une des expressions de cette Vie. Qu’il doit respecter. Mais on est loin du compte, car il y a le profit, complètement stupide et sans limites, qui s’est emparé de tout, et au lieu de voir notre planète comme une magnifique oasis sur laquelle on a beaucoup de chances de vivre, on la voit comme un gisement de ressources qu’il faut épuiser jusqu’au dernier arbre. Tant que notre conscience ne se sera pas suffisamment élevée pour concevoir que cette planète nous offre tout, absolument tout, de quoi nous nourrir, de quoi nous réjouir, de quoi nous guérir, etc… nous continuerons de la polluer, de la dégrader, d’en faire un champ de bataille, de violence et d’égorgement. C’est l’horreur.
Soyons fous, imaginons que François Hollande vous appelle demain matin et vous nomme médiateur sur ce dossier de Notre-Dame-des-Landes, que faîtes-vous ? Quelles décisions prenez-vous ?
Je ne suis pas du tout sûr que François Hollande est libre de cette décision… La question est de comprendre qui gouverne véritablement. Moi, j’ai eu beaucoup d’estime pour Obama au début, j’ai suivi un peu sa vie antérieure, son application sociale. Il avait démontré qu’il avait cette générosité nécessaire. Mais si on compare le Obama « militant », dans son engagement personnel, et le Obama « président des Etats-Unis », il n’y a pas du tout le même espace de liberté. Aujourd’hui, au vu de la complexité des systèmes – où se mêlent le politique et le profit – je m’interroge sur les marges de manœuvre. Il y a des consciences éveillées, qui veulent bien faire et avec beaucoup de sincérité, mais je me demande s’ils ont les coudées franches.
NDDL est donc la représentation d’une oligarchie qui possède tout ?
Où est l’intérêt collectif dans le projet, c’est ça qu’il faut voir. Y a-t-il un réel intérêt à réaliser cet aéroport ou est-ce seulement l’intérêt de quelques-uns ? Je ne suis pas dupe de ce que signifie le politique, aujourd’hui, je ne suis pas dupe des accointances, de ce qui se passe dans les coulisses, des intérêts des uns et des autres. Je sais tout ce qui se déclenche quand il y a du « politico-commercialo-profito » derrière tout ça. C’est ce qui fait obstacle au changement. Quand je me suis présenté aux élections présidentielles en 2002, notre slogan, c’était l’appel à l’insurrection des consciences. Et le deuxième, c’était « quelle planète laisserons-nous à nos enfants et quels enfants laisserons-nous à la planète ? ». Il faut vraiment reconnecter le destin de l’humanité avec les fondements de la Vie. Or, aujourd’hui le destin de l’humanité a mis une règle du jeu totalement artificielle, puisqu’on est parti sur une dissociation de la nature et de nous-mêmes. Non ! Je suis la Nature, vous comme moi, nous sommes la nature. Nous ne sommes pas des robots fabriqués je ne sais comment, nous sommes véritablement la nature. Nous sommes des mammifères, qu’on le veuille ou non. Ce n’est pas « la nature » et « moi ». La Nature, c’est moi.
- Propos recueillis par Barnabé Binctin


Source : Barnabé Binctin pour Reporterre.
Première mise en ligne sur Reporterre le 16 février 2013.
Photo : Patrick Lazic.

vendredi 27 décembre 2013

Compte-Rendu Repaire du Conflent Décembre 2013

Ambiance de FEU au bar du Café du Canigou, à tel point que nous avons dû nous regrouper au fond de la deuxième salle contre les flammes de la cheminée qui ont
quelque peu carbonisé..... une quinzaine de personnes si l'on compte Tonton Yves qui ne parvenait pas à s'asseoir...

Voici quelques traces mémorielles :

- MANIFESTE : manifestement tout le monde s'en fout.... il va falloir qu'on se revoit avec ceux de P qui ont une vison plus classique et quelques uns d'entre nous qui sont pour une mise en page plus insolite avec GROSSES LETTRES, histoire d'attirer l'attention des esprits fatigués auxquels nous nous adressons et mettre en avant certains points

- NDDL : Ayrault menacé de départ, remet ça ! ... même ceux qui comme moi en ont horreur, vont devoir se remettre à militer et essayer de réfléchir à des interventions inédites pour préparer la manif décisive du 22 FEVRIER à NANTES...

- CENTRAFRIQUE : tous, toujours écoeurés de voir les mêmes pyromanes jouer les pompiers nous avons décidé d'inviter à un prochain soir un représentant de l'association '' Survie '', qui à la suite de François Xavier Verschave, son fondateur, continue le même travail de dévoilement des ignominies ''françafricaines''....

-BIOFORUM : le prochain c'est à Fillols, fin MAI, sous l'appellation 
'' FORUM POUR L'UNION DE LA CATALOGNE CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE , LA GLACIATION SOCIALE ET HUMAINE '' avec pour l'instant cinq ateliers pratiques :

Atelier 1 : présentation des alternatives...

Atelier 2 : éco-motricité... nouveaux carburants, voitures sociales ou communales...etc.

Atelier 3 : construction d' un abri d'urgence pour réfugiés ....etc

Atelier 4 : contre les déchèteries, diverses possibilités concrètes de recyclages...

Atelier 5 : question de l'eau : phyto-épuration....etc

et aussi présentation des capacités d'une maison autonome....

L'ensemble de ce forum est conçu à partir de discussions entre des gens de Fillols, de Casteil, du Repère et un architecte écolo-libertaire, doté d'une grande expérience en ces divers domaines : 
Michel Rosell dont on peut admirer les oeuvres sur le site '' archilibre '' sous la dénomination '' la Grange aux Ardents '' .....

http://www.archilibre.org/inspiration/grange/ardents.html

NOUS INVITONS les personnes motivées à se déclarer afin de leur communiquer les dates des rencontres de préparation....

Pour terminer signalons que pour ceux qui veulent du Café Zapatiste la date limite est le 5 janvier :

chèques à l'ordre de l'ADDAA à adresser à Angelina Sevestre 21 route de Vernet 66360 SAHORRE

Le prix du paquet est de 3€ 50 pour 250g au delà de 10 paquets le prix tombe à 3€ 10 préciser si vous voulez du grain ou du moulu .

A +....

IVG : Le Grand Retour en Arrière Espagnol

http://www.liberation.fr/monde/2013/12/23/ivg-le-grand-retour-en-arriere-espagnol_968700?xtor=EPR-450206

IVG, le grand retour en arrière espagnol

FRANÇOIS MUSSEAU MADRID, DE NOTRE CORRESPONDANT(MIS À JOUR : )

Des Femen protestent contre le projet de loi limitant le droit à l'avortement, en Espagne, le 23 décembre. (Photo Pierre-Philippe Marcou. AFP)


«Hypocrite», «intégriste», «sinistre», «rance», «violent», «patriarcal», «dogmatique»… La liste des qualificatifs employés par les associations féministes pour fustiger le projet de loi du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy est interminable - une réforme qui, en vertu de la majorité absolue du Parti populaire (PP, droite) au Parlement, ne laisse pas de doute quant à sa prochaine approbation définitive. La Fédération d’associations de santé publique a été jusqu’à le juger «sadique». Selon l’institut de sondage Metroscopia, 53% des Espagnols appuient l’actuelle législation progressiste, contre 37% favorables au projet du PP. Seule une modification annoncée dans ce projet est favorablement accueillie par l’opinion : celle prévoyant que les moins de 18 ans devront désormais disposer d’une autorisation parentale signée avant de pouvoir prétendre à une opération. Dans l’arène politique aussi, le PP est isolé. Depuis son arrivée au pouvoir, en décembre 2011, jamais une initiative législative n’avait provoqué une levée de boucliers aussi compacte : tous les autres partis politiques s’opposent catégoriquement à ce texte, qui ramène l’Espagne trente ans en arrière, plus précisément en 1985, date de la précédente législation approuvée par la droite. Laquelle n’était elle-même pas aussi drastique et restrictive. Des manifestations monstres sont prévues dans les semaines à venir.



À la traîne

Avec ce projet, qui se faisait attendre depuis l’été, le très conservateur ministre de la Justice, Alberto Ruiz-Gallardón, a relancé les polémiques, alors même que les passions avaient fini par s’éteindre depuis la réforme menée par le socialiste José Luis Zapatero, en 2010. L’Espagne était depuis lors au diapason de la majorité de ses partenaires européens, où le droit à l’interruption volontaire de grossesse, l’IVG, est pleinement reconnu. De nouveau, le pays se situe à la traîne de l’Europe, avec la Pologne, le Luxembourg ou la Finlande - et non loin de Malte, où l’avortement est interdit.
Avec le coup de vis des conservateurs espagnols, non seulement ce droit est banni (on pouvait jusqu’alors avorter librement jusqu’à la 14e semaine de gestation), mais les obstacles se font plus nombreux : le fait d’avorter redevient un délit passible de la prison. «Nous défendons la femme, puisque dans la loi de 1985, c’est elle qui était poursuivie par la justice. Désormais, ce sera le médecin qui sera visé», s’est défendu Alberto Ruiz-Gallardón, très applaudi par la frange la plus radicale du PP. Toute candidate à l’avortement ne pourra plus invoquer que deux motifs : le viol (jusqu’à la 12e semaine) ou un «danger pour (sa) santé physique et psychique». La malformation du fœtus ne constituera plus une raison valable, sauf si ses chances de survie sont très faibles. Autre nouveauté de taille : pour obtenir un certificat ratifiant un de ces deux motifs, il faudra à la femme l’avis de deux médecins pratiquant dans un centre autre que la clinique privée où a lieu l’opération. Cette procédure sera longue, soumise au crible tatillon de l’administration, alors que, jusqu’alors, elle ne présentait aucune difficulté.
Le mouvement Decidir nos hace libres («décider nous rend libres») en est horrifié : «Pour simplifier, avec la loi en vigueur de 2010, aucune femme n’était obligée d’avorter ; avec celle-ci, beaucoup se verront contraintes d’enfanter. Il y a là une confusion totale entre morale publique et privée, l’Etat s’arroge la prérogative de décider à la place des femmes. Ce virage radical est discriminatoire contre elles.»
Création divine
En agissant de la sorte, le Parti populaire provoque un tollé qui satisfait le secteur ultraconservateur de l’Eglise espagnole et la partie la plus radicale de son électorat. Le collectif antiavortement Derecho a vivir («droit à vivre») se réjouit d’une «décision historique» qui «confère enfin des droits aux non-nés». Avec cet avant-projet de loi, en effet, ceux-ci sont davantage protégés que les femmes elles-mêmes. C’est depuis longtemps la morale défendue par le cardinal Rouco Varela, numéro 1 de l’épiscopat, pour qui «l’embryon a le droit absolu à la vie, cela est en accord avec notre conception de la création divine». L’été dernier, 700 gynécologues ont signé un manifeste affirmant que l’obligation de laisser vivre des fœtus atteints de graves malformations était un «non-sens». Officiellement, l’objectif poursuivi par le ministre de la Justice, Ruiz-Gallardón, est de réduire le nombre d’avortements. Pour autant, cet argument est battu en brèche par une large majorité. «On s’est rendu compte qu’avec l’actuelle loi, le nombre d’opérations a diminué ces deux dernières années. Preuve que la décision est purement idéologique», note la chroniqueuse Graciela Cañas. A en croire un manifeste publié par Decidir nos hace libres, l’actuelle législation permet «un suivi sanitaire des femmes candidates à l’avortement», donne à celles-ci «une sécurité juridique», et permet un «meilleur travail de prévention».
Leur crainte est que l’Espagne retourne, comme par le passé, à l’ère de la clandestinité. Aux yeux des féministes, la nouvelle législation restrictive ne réussira pas à dissuader les candidates de se faire avorter, mais leur compliquera la vie. Elles devront affronter le probable refus des médecins - dont beaucoup sont déjà «objecteurs», un choix conforté par la réforme donc. «Les femmes riches iront se faire avorter dans d’autres pays de l’UE, comme c’était le cas dans les années 80 et 90 ; pendant ce temps, les femmes les plus modestes n’auront d’autre choix que de fréquenter des cliniques clandestines, hors de la légalité, et dans l’opprobre publique», s’étrangle la gynécologue Isabel Serra Fuster qui, comme beaucoup d’autres, s’inquiète de ce nouveau clivage socio-économique. Hier, la numéro 2 du Parti socialiste, Elena Valenciano, a supplié les députées du PP de s’opposer à cette «réforme d’un autre âge». Ses chances d’être entendue sont quasi nulles.
François MUSSEAU MADRID, de notre correspondant











jeudi 26 décembre 2013

NDDL : Appel à Résister des Zadistes Acharnistes

http://lutteaeroportnddl.com/2013/12/24/sur-la-zad-comme-ailleurs-hollande-et-sa-clique-pratiquent-le-terrorisme-detat/


Sur la ZAD comme ailleurs, Hollande et sa clique pratiquent le terrorisme d’état !!!

by collectif de lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes
article reçu par mail, via des camarades de lutte :
Samedi 20 décembre 2013, le préfet de région a signé quatre arrêtés qui vont permettre de lancer au premier semestre 2014, les premiers travaux du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes ! 
- Arrêté n°2013354-0005 publié au Recueil Normal n°85 le 21/12/2013. Arrêté préfectoral n° 2013/BPUP/113 du 20 décembre 2013 autorisant l’aménagement de la desserte routière du futur Aéroport du Grand Ouest sur les communes de Malville, Fay-de-Bretagne, Vigneux de Bretagne, Notre Dame des Landes, Treillières, Grandchamp-des-Fontaines et le Temple de Bretagne, au titre de l’article L.214-3 du code de l’environnement (PDFRecueil des actes)
- Arrêté n°2013354-0013 publié au Recueil Normal n°85 le 21/12/2013. Arrêté préfectoral n° 2013/BPUP/112 autorisant l’aménagement d’une plate-forme aéroportuaire et du programme viaire sur les communes de Notre Dame des Landes, Vigneux de Bretagne, Grandchamp-des-Fontaines, Treillières et Fay de Bretagne, au titre de l’article L.214-3 du code de l’environnement (PDFRecueil des actes)
- Arrêté n°2013354-0014 publié au Recueil Normal n°85 le 21/12/2013 Arrêté préfectoral n°2013354-0014 portant dérogation aux interdictions de capture, d’enlèvement, de transport, de perturbation intentionnelle, de destruction de spécimens d’espèces protégées et de destruction d’habitatsd’espèces protégées pour la réalisation de la desserte routière de l’Aéroport du Grand Ouest (PDFRecueil des actes
- Arrêté n°2013354-0009 publié au Recueil Normal n°85 le 21/12/2013. Arrêté préfectoral n°2013354-0009 portant dérogation aux interdictions de capture, d’enlèvement, de transport, de perturbation intentionnelle, de destruction de spécimens d’espèces protégées et de destruction d’habitats d’espèces protégées pour la réalisation de la plateformedu programme viaire et de la VC3 de l’Aéroport du Grand Ouest- (PDFRecueil des actes)

La première tranche de ces travaux concerne une 2 x 2 voies longeant la zone Est du futur aéroport de 15 km de long sur 300 m de large ouvrant ainsi la porte aux travaux de la plateforme aéroportuaire et, le bétonnage de 20.000 hectares de terres agricoles programmée  pour les 15 prochaines années (aménagement industriel, autoroutier, urbaniste, etc... )
Ces arrêtés permettent la destruction des espèces protégées... Ce carnage écologique digne de barbares téléguidés par VINCI et leurs acolytes, ne nous arrêterons pas dans notre détermination à défendre le bocage humide de la zad !
Nous appelons à une occupation massive de la zad, par la création de camps mobiles autogérés venant renforcer la défense de tous les lieux stratégiques du futur barreau routier notamment, au niveau des futurs échangeurs prévus à proximité du Temple de Bretagne et à Grand-Champs des Fontaines où ils commenceront leurs projets destructeurs !
Ce qui fera arrêter ce projet mégalo, ce n'est pas les recours juridiques, ni les manifs à Nantes, ni une guérilla clownesque mais, bel et bien une lutte active de résistance sans limite sur le terrain !
Créons une zone libre et auto-déterminée comme au Chiapas où l'autogestion dans la lutte s'exprime chaque jour dans des centaines de villages !
Résistance et sabotage... no pàsaran !!!
Des zadistes "acharnistes"

mardi 24 décembre 2013

Interdire la Liberté de Déplacement de Certains Militants... ?

"On commence avec des militants pour les animaux, et après ???"

http://lesmoutonsenrages.fr/2013/12/12/leurope-envisage-dinterdire-la-liberte-de-deplacement-de-certains-militants/#more-55381

L’Europe envisage d’interdire la liberté de déplacement de certains militants


12 décembre, 2013
Ce petit article paru il y a 3 mois est passé inaperçu.. Petit à petit, l’étau se resserre.. On commence avec des militants pour les animaux, et après ???
La presse allemande vient de révéler une étude commandée par l’Union Européenne : celle-ci voudrait dans les années à venir interdire le déplacement sur le territoire européen des militants et activistes de la cause animale.
L’Europe est donc en train de préparer une loi qui interdira le déplacement sur le sol européen des militants de la cause animale et ce dans le but d’empêcher le développement d’une internationale européenne de la cause animale. Cette étude, dont certains extraits viennent d’être publiés dans la presse allemande, exprime parfaitement bien ce que les militants de la cause animale représentent pour les institutions européennes : des activistes qualifiés de  » criminels itinérants » ! Défendre les droits des animaux est donc perçu par l’UE comme une action criminelle que la loi doit punir pour éviter sa prolifération.
Cette expression de « criminels itinérants » est explicitement  utilisée dans cette étude qui annonce le pire en matière de répression à l’encontre des militants des droits des animaux. L’UE va donc dans les années à venir criminaliser le mouvement de défense des animaux en se servant de tous les moyens répressifs dont elle dispose au risque de mettre en question les liberteés individuelles et publiques et ce dans le but de privilégier et défendre par tous les moyens les intérêts économiques des entreprises qui exploitent et qui vivent de cette exploitation scandaleuse des animaux.
L’UE prend donc partie clairement pour ceux qui se servent des animaux comme biens économiques et donc se range du côté du capitalisme le plus violent. C’est la démocratie elle-même qui sera mise en question avec une telle loi qui interdira tout rassemblement visant à dénoncer telle ou telle entreprise ou institution violant ouvertement les intérêts des animaux et leurs droits à ne pas être maltraités et exploités.
L’Europe est donc en train de tuer l’idée même de démocratie et de liberté d’expression qui constituaient l’une de ses fiertés. Nous savons maintenant que les grandes institutions, nationales et internationales,  à savoir les institutions politiques , judiciaires, scientifiques et économiques sont les principaux obstacles à un réel changement dans la domaine des droits des animaux, ce projet de loi le prouve amplement et nous devons dénoncer le fait que l’Europe, de moins en moins démocratique, envisage dans le secret  cette restriction inadmissible des libertés individuelles, publiques et de la liberté d’expressison.
Les militants de la cause animale, qui font donc peur à l’Europe manifestement, sont et seront de plus en plus surveillés, dénonçons cette surveillance indigne d’Etats démocratiques.  C’est la démocratie qui est en danger avec ce projet de loi qui vise à interdire notre liberté de déplacement sur le territoire européen. Notre liberté d’expression sans laquelle la cause animale n’aurait aucune possibilité d’avancer et de faire bouger les lignes de résistance de tous les exploiteurs d’animaux.