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lundi 20 février 2017

Fukushima, puits sans fond

Fukushima, puits sans fond 

Par Arnaud Vaulerin, correspondant au Japon

Vidéo prise à l’intérieur du réacteur 2 de Fukushima-Daiichi, le 30 janvier. Photo Tepco. AFP

Six ans après le 11 Mars, le confinement de la centrale sinistrée s’avère plus long et coûteux que prévu. Plus élevés qu’on le pensait, les niveaux de radioactivité restent alarmants.


Tout reste à faire. Six ans après le tsunami du 11 mars 2011 et la catastrophe nucléaire, la centrale de Fukushima-Daiichi n’est plus vraiment la bombe à retardement qui donnait des sueurs froides aux ingénieurs japonais. Mais certains experts et politiques, comme l’ex-Premier ministre Naoto Kan, continuent de dire que l’accident n’est pas terminé puisqu’il faut toujours refroidir les trois réacteurs qui sont entrés en fusion, faute de quoi ceux-ci reprendraient leurs rejets dans l’atmosphère.

A leurs yeux, parler de démantèlement n’a pas encore de sens car une grande partie des travaux relève d’abord de la sécurisation des installations et de la décontamination des lieux, qui a bien progressé. «Les réacteurs 1, 2 et 3 sont toujours menaçants. En cas de fort séisme ou de tsunami, nous ne savons pas ce qui peut se passer», redoute David Boilley, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) qui suit de près la situation au Japon. De nombreuses inconnues demeurent. Des incertitudes doivent être levées sur la localisation et l’état du cœur des réacteurs. Pis, des techniques sont encore à inventer pour lancer le démantèlement qui «prendra entre trente et quarante ans», assure Tokyo Electric Power Company (Tepco) qui gère la centrale, située à 250 kilomètres au nord de la capitale.

1/Les réacteurs endommagés

 

Plongée dans les entrailles de la centrale : les derniers relevés et clichés pris par un robot sous la cuve du réacteur 2 de Fukushima-Daiichi rappellent combien les travaux seront compliqués et risquent de prendre plus longtemps que prévu. Le 10 février, la compagnie a observé un niveau record de radiation de 650 sieverts par heure dans le bas de l’enceinte de confinement du réacteur. Ce débit de dose, susceptible de provoquer la mort d’un être humain en une poignée de secondes, est largement au-delà des 530 sieverts relevés quelques jours plus tôt. En rappelant qu’une marge d’erreur de 30 % doit être prise en compte, Tepco indique qu’il «n’y a aucune raison de croire que le niveau lui-même a augmenté».

Début février, le professeur émérite à l’université Hosei de Tokyo Miyano Hiroshi expliquait à la NHK que ce taux astronomique était probablement dû au fait qu’une partie du combustible fondu n’était pas immergée dans les eaux de refroidissement et dégageait des radiations. Dans cet univers hautement radioactif, seul les robots peuvent intervenir, mais pour une durée limitée. L’engin envoyé le 10 février n’est resté que deux heures car il ne peut pas résister à une dose cumulée de 1 000 sieverts.

Comme l’indique Tepco, le robot nettoyeur n’a pu parcourir que le cinquième de la zone prévue avant de faire demi-tour. L’électronique aussi a ses limites. Ce jeudi, l’appareil Scorpion, élaboré par Toshiba et l’Institut international de recherche pour le démantèlement nucléaire (Irid), s’est arrêté bien avant d’avoir achevé sa mission de mesures. Par le passé, deux autres machines ont été ainsi perdues. Mais les différentes images ont mis en évidence de la matière déposée sur le sol, très incrustée, qui risque de retarder encore plus l’exploration dans l’unité 2. C’est d’autant plus incertain que plusieurs trous ont été découverts dans la grille métallique de la plateforme située sous la cuve du réacteur. Ils pourraient avoir été causés par la chute de structures, de barres de combustible fondu.

2/Le corium bloqué

 

Là encore, Tepco n’a aucune certitude sur l’état et la localisation précise du cœur des réacteurs qui ont fondu en mars 2011 et se sont mêlés à des débris, formant un magma extrêmement radioactif appelé le corium. La compagnie électrique concentre ses efforts sur cette mission cruciale et assure qu’elle sera en mesure d’extraire cette substance à partir de 2021. Selon des estimations de l’Irid à Tokyo, environ 880 tonnes de corium se trouveraient au pied des réacteurs 1,2 et 3. Dans le même temps, la compagnie travaille à l’extraction des barres de combustibles usagées et entreposées dans les piscines de stockage. Mais la feuille de route établie par l’Autorité japonaise de régulation du nucléaire (ARN) ne sera pas tenue. Dans le réacteur 3, en travaux pour être recouvert d’une imposante structure, le retrait était déjà prévu en 2015. Puis il a été programmé pour cette année et vient d’être repoussé «au plus tôt à 2018». L’environnement est encore trop radioactif.

3/Les eaux contaminées


C’est l’autre casse-tête de Tepco. Les vues aériennes de la centrale donnent le vertige. Sur le site devenu une véritable ruche dans une campagne désertée, plus de 1 100 énormes réservoirs contenant plus de 961 000 m3 d’eau contaminée (soit un volume dépassant la capacité de 380 piscines olympiques) ont avalé des hectares d’espaces boisés. Tepco a remplacé ceux qui fuyaient par des conteneurs soudés et plus seulement vissés. En effet, chaque jour, entre 200 et 400 m3 d’eau souterraine et de pluie s’infiltrent dans les bâtiments de Fukushima-Daiichi : Tepco pompe quotidiennement environ 300 m3 dans le sous-sol de la centrale qui enfermerait près de 60 000 m3de liquide très radioactif. Et pour le refroidissement du corium, 286 m3 d’eau fraîche sont injectés quotidiennement dans les trois réacteurs. Mais une partie du liquide contaminé s’échappe dans le Pacifique malgré la barrière d’acier construite dans le port. Aucune décision n’a été prise au sujet de cette énorme quantité d’eau stockée dont une partie a été débarrassée de certains radioéléments. Mais les déchets produits par cette purification sont hautement radioactifs et potentiellement explosifs selon des experts cités par le quotidien Mainichi. Surtout, on ne sait absolument pas quelle sera la destination finale de ces déchets. Sur sa feuille de route pour 2017, l’ARN dit vouloir améliorer le traitement des eaux avant une vidange en mer. Mais ce projet fait bondir les pêcheurs et les associations de défense de l’environnement.

4/Un mur de glace aux effets limités


Face au débit de l’eau sur le site, Tepco a dégainé en 2014 son colossal projet de mur de glace. Sur le papier, tout allait bien : 1 568 tubes d’acier étaient plongées sur 30 mètres de profondeur dans le sous-sol de la centrale et sur un périmètre de 1,4 kilomètre. Alimenté par un liquide réfrigérant à - 30°C, le mur devait former à terme une banquise sous le «Titanic» de Fukushima-Daiichi. L’idée étant de piéger le fluide radioactif et d’empêcher les eaux d’infiltration de gagner le sous-sol des réacteurs. La congélation a démarré en retard en mars 2016, et elle n’est pas encore effective en raison de courants d’eau importants et d’un sous-sol parcouru de canalisations. Fin décembre, l’ARN a évoqué les «effets limités, sinon nuls» du mur de glace.

En octobre, Toyoshi Fuketa, un commissaire de l’agence, avait déjà alerté Tepco sur les limites de cette technique : «Le pompage des eaux souterraines à travers les puits devrait être la principale action, car il peut contrôler de façon fiable le niveau [de ce liquide]. […] Le mur de glace ne jouera qu’un rôle de soutien.» En attendant, des Japonais s’amusent en le comparantà un sudare, un store composé de baguettes de bambou qui laisse passer autant de lumière qu’il en arrête. Il a coûté la bagatelle d’environ 284 millions d’euros et ne devrait pas fonctionner au-delà de 2021. A cette date, il faudra avoir trouvé une solution au casse-tête des eaux contaminées.

5/L’ardoise salée


En décembre, le coût de la catastrophe a été revu à la hausse d’une manière vertigineuse : 21 500 milliards de yens, soit plus de 177 milliards d’euros. Autrement dit, un peu moins de la moitié du budget de la France. C’est surtout le double du total estimé par le ministère japonais de l’Economie trois ans plus tôt. Dans cette enveloppe, les travaux à la centrale représentent 66 milliards d’euros. Presque autant sont consacrés aux indemnisations des déplacés des communes autour environnantes.

En 2011, près de 160 000 personnes ont fui leur domicile pour échapper à la menace radioactive. Le gouvernement entend limiter les sommes versées et inciter au retour dans les zones contaminées en levant les ordres d’évacuation d’ici à mars. Quitte à tolérer des niveaux moyens d’exposition aux radiations 20 fois plus élevés qu’ailleurs. Mais dans les cinq communes où l’interdiction de séjour a été levée, le taux des retours ne dépasse pas les 13 %. Et comme Libération l’a constaté l’année dernière à Naraha, ils sont surtout le fait de personnes âgées et d’hommes.

La décontamination autour de la centrale Fukushima-Daiichi est un autre chantier dont le coût s’annonce colossal. L’opération devrait coûter environ 33 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 13 milliards d’euros pour la gestion problématique des dizaines de millions de mètres cubes de déchets radioactifs. Le contribuable, le consommateur et les producteurs d’électricité vont devoir payer la note. Le gouvernement va continuer à verser de l’argent à Tepco qui a été en partie nationalisé. Sans savoir quand la compagnie électrique remboursera.

Arnaud Vaulerin correspondant au Japon
 

Source : http://www.liberation.fr/planete/2017/02/16/fukushima-puits-sans-fond_1549006

dimanche 19 février 2017

Bétonner ou s'alimenter ? Appel à protéger les terres agricoles du Conflent


L'avenir de nos terres nourricières irriguées se joue aujourd'hui dans l'élaboration du 'Plan Local d'Urbanisme intercommunal'.

Interpellons nos éluEs et exprimons nos priorités pour le Conflent et les générations futures dans les registres de "Concertation" du PLUi, ouverts dans les mairies de Prades, Vinça, Olette, Vernet et Sournia.

Pour plus d'infos : cebta66@gmail.com

Notre Terre c'est nos oignons !


samedi 18 février 2017

Faites un investissement durable à Los Masos - Réunion publique le 23/02

On a reçu ça :

Bonjour,

La commune de Los Masos met à disposition de Conflent Energie les toitures de la mairie, les anciennes écoles et la cave coopérative pour créer 3 centrales solaires photovoltaïques de 9kwc.

Dans ce cadre, la SCIC Conflent Energie vous invite le :



jeudi 23 février 2017
à 18h30
à la salle polyvalente de Los Masos


pour vous présenter le projet et lancer un appel à souscription.

Ce projet verra le jour grâce à une mobilisation citoyenne forte (une mobilisation minimale de 20 000€ d'investissements citoyens avant fin avril est nécessaire pour permettre la réalisation du projet, estimé à 60 000 €).

Merci d'avance du relais de cette information dans vos réseaux.
Bonne journée

Bruno DEPREZ
SCIC CONFLENT ENERGIE




vendredi 17 février 2017

Macron et l’environnement : de belles promesses, un lourd passif

Macron et l’environnement : 

de belles promesses, 

un lourd passif

13 février 2017 / par Emilie Massemin (Reporterre)

Croissance « réfléchie », énergies renouvelables, recul du diesel... M. Macron s’est entretenu avec le WWF, annonçant les lignes de son programme sur l’environnement. Mais ce programme respire l’improvisation, alors que, ministre de l’Economie, il multipliait les mesures anti-environnement.

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« Depuis la révolution industrielle, nous sommes en train de surconsommer la planète, mais aussi de la détruire. Or ce qui nous fait, c’est cette planète ; si nous perdons de vue ce qui nous rassemble, ce que nous allons léguer à nos enfants, nous trahissons ce que nous sommes. » Cette envolée lyrique n’est pas sortie de la bouche d’un militant écologiste convaincu, mais de celle d’Emmanuel Macron, leader du mouvement En Marche ! et candidat à l’élection présidentielle. Invité jeudi 9 février par le WWF à dévoiler son programme environnemental, l’ancien ministre de l’Economie a annoncé plusieurs mesures. Serait-il devenu écolo ? Assurément non, et son bilan de ministre de l’Economie ne plaide pas en sa faveur.

Si Emmanuel Macron a reconnu qu’actuellement, « la croissance n’est pas soutenable », il n’est pas question pour lui de renoncer au redressement de la courbe du PIB. Le candidat a dit croire en une croissance « choisie, réfléchie » même si l’on « ne peut pas créer, produire durablement si l’on ne voit pas qu’on surconsomme ».

Qu’il ait plaidé pour une croissance respectueuse de l’environnement semble étonnant au regard de sa « loi sur la croissance et l’activité » d’août 2015. L’ancien ministre de l’Economie, ouvertement néo-libéral, préconisait entre autres l’ouverture des commerces douze dimanches par an (contre cinq auparavant) et la création de zones touristiques internationales où les magasins peuvent ouvrir tous les dimanches et le soir jusqu’à minuit – une étrange manière de lutter contre la « surconsommation ».

Un décret de la loi Macron prévoyait aussi d’accorder des dérogations pour l’affichage publicitaire : panneaux de 50 mètres carrés dans les stades de plus de 15.000 places, panneaux scellés au sol dans les communes de moins de 10.000 habitants (interdits jusque-là), suppression des seuils relatifs à la luminosité et agrandissement des surfaces autorisées. M. Macron a finalement dû renoncer à toutes ces dispositions, sauf celle concernant les stades, sous la pression de la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal.

Energies renouvelables, extractivisme, nucléaire : un programme plein de contradictions

 

Emmanuel Macron a promis au WWF la fermeture des centrales à charbon françaises (au nombre de quatre). Il s’est également engagé à ne plus accorder de permis d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures, oubliant qu’il avait cosigné avec Mme Royal, en septembre 2015, cinq arrêtés accordant trois permis exclusifs de recherches d’hydrocarbures et en prolongeant deux autres. La ministre de l’Ecologie avait alors précisé au quotidien Le Monde que cette décision avait fait l’objet d’un « arbitrage ministériel au niveau de Matignon » car « Bercy voulait donner tous les permis, j’ai obtenu d’en bloquer quatre ».

Par ailleurs, M. Macron a assuré qu’il n’y aurait pas d’exploitation de gaz de schiste pendant son quinquennat... tout en se déclarant favorable à la poursuite de la « recherche théorique » sur les méthodes d’extraction « pour éviter que la recherche ne soit capturée par les groupes industriels mondiaux ».

Il a aussi souhaité « qu’on puisse avancer dans les projets de mines dans le cadre du projet “mines responsables” pour créer de l’emploi sans impact sur la biodiversité, sans rejets d’arsenic ». L’ancien ministre n’a jamais fait mystère de son intérêt pour l’industrie minière. En visite en Guyane en août 2015, il avait jugé que le projet de mine d’or à ciel ouvert Columbus Gold (une fosse de 2,3 kilomètres de de longueur, 800 mètres de largeur et 250 mètres de profondeur en pleine forêt primaire) «  [participait] pleinement au renouveau minier de la France ». Ce qui ne l’empêche pas d’afficher le souhait que « la biodiversité ultramarine soit protégée » et de prévoir d’organiser une grand conférence sur la biodiversité dans les Outre-Mer.

Se disant fidèle à la loi sur la transition énergétique (LTE), M. Macron s’est engagé à réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % en 2025 (contre 75 % environ aujourd’hui) et à porter à 32 % en 2030 la part des énergies renouvelables. Pour cela, il a annoncé qu’il publierait « la totalité du calendrier des appels d’offres pour les énergies renouvelables » dès le début de son quinquennat, qu’il garantirait 30 milliards d’euros d’investissements privés dans ce secteur et qu’il simplifierait les procédures d’autorisation pour les installations (éoliennes, méthaniseurs, etc.).

Le candidat s’est par ailleurs engagé à lancer un plan de rénovation énergétique des bâtiments. Objectif, un million de passoires énergétiques rénovées à l’issue de son quinquennat, complété de 300.000 logements supplémentaires par an dont le bilan énergétique est moins mauvais, mais dont les habitants bénéficieraient tout de même de subventions (non chiffrées et non financées par M. Macron).




Il a confirmé la fermeture de la centrale de Fessenheim - une promesse faite en 2012 par M. Hollande, dont M. Macron a été pendant quatre ans le conseiller puis le ministre. Le candidat d’En Marche ! a botté en touche concernant les autres centrales et s’est retranché derrière les futures décisions de l’Autorité de sûreté nucléaire relatives à l’allongement de la durée de vie des réacteurs.

Une position incohérente, car s’il souhaite poursuivre les objectifs de la LTE comme il l’affirme, il n’est pas possible de concilier la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique, l’augmentation de la part des énergies renouvelables et la baisse de la consommation électrique prévue par cette loi (20 % en 2030 et 50 % en 2050 par rapport à 2012) sans fermer d’autres centrales. Or M. Macron a réaffirmé son attachement à l’industrie nucléaire. L’atome permet, selon lui, « une production d’électricité très peu carbonée » et qui « assure notre souveraineté énergétique même s’il reste des incertitudes sur la production de matières fissiles ».

Ministre de l’Economie, M. Macron avait soutenu à fond l’investissement d’EDF dans les deux EPR anglais d’Hinkley Point (évalués à 23,7 milliards d’euros, dont 16 milliards à charge de l’électricien français), malgré le désastre des chantiers de Flamanville (Manche) et Olkiluoto (Finlande). Il avait également glissé un amendement favorable au projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo à Bure (Meuse) dans sa loi – amendement qui a été censuré par le Conseil constitutionnel.

Plus ouvert sur Notre-Dame-des-Landes ? En réalité, Emmanuel Macron a soutenu plusieurs grands projets inutiles et imposés


Alors qu’il avait d’abord déclaré sur France Inter le 1er février que « le peuple s’est exprimé, je suis pour respecter cette décision », Emmanuel Macron s’est montré plus mesuré concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il a annoncé qu’il tiendrait compte du vote, mais qu’il se donnerait six mois pour évaluer la situation « en termes d’ordre public » sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes - « je ne veux pas de violence » - et qu’il nommerait un rapporteur indépendant chargé d’étudier un projet alternatif d’aménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique. Une façon de botter en touche, puisque ce projet existe déjà et a été étudié officiellement par des experts du ministère de l’Environnement.

L’ancien ministre de l’Economie n’a jamais été vraiment regardant sur les impacts environnementaux des projets qu’il a défendus. Ainsi, malgré son démenti du 16 janvier dernier à Quimper, il avait bien accordé en avril 2015 une concession d’exploitation de quinze ans à la Compagnie armoricaine de navigation pour l’extraction de sable marin dans la baie de Lannion (Côtes-d’Armor). Un chantier désastreux sur le plan écologique, qui détruit la faune marine des fonds et favorise l’érosion des côtes.

Même désinvolture concernant les boues rouges toxiques rejetées dans les Calanques par l’usine Alteo. En visite à Gardanne en janvier 2016 sur le thème du « renouveau industriel » de la France, M. Macron avait rassuré les dirigeants de l’entreprise que « la fermeture de l’usine n’était pas à l’ordre du jour ». Qu’importait l’obligation formulée en 1995 par Corinne Lepage, de cesser tout rejet toxique à partir du 31 décembre 2015. L’ancienne ministre de l’Environnement ne lui en a manifestement pas tenu rigueur, puisqu’elle a récemment rallié sa candidature.

La loi Macron a théorisé ce principe de « l’économie et l’emploi d’abord ». Plusieurs articles avaient pour but « d’accélérer les grands projets pour favoriser le retour à la croissance » en permettant au gouvernement de réformer le droit de l’environnement par ordonnance, y compris l’étude d’impact et la participation de la population par le biais de l’enquête publique. La loi prévoyait aussi, entre autres, de réduire les délais de recours et de rendre impossible la démolition de constructions illégales en-dehors des zones protégées. Sur un site d’information spécialisé dans la chasse, M. Macron déclarait par ailleurs qu’il « ne [saurait] dissocier la chasse des problématiques qu’affrontent bien des activités et bien des secteurs en France, à savoir l’excès de normes et l’inadaptation de celles-ci à la réalité du quotidien ».

Diversifier les transports et s’affranchir du diesel : pas une priorité





Emmanuel Macron n’a pas démenti son indulgence à l’égard du diesel. « Il n’y aura pas de suppression du diesel en 2025 », a-t-il martelé, au motif que cela « sacrifierait les ménages modestes qui vivent en banlieue ». A la place, il a prévu la convergence totale des fiscalités du diesel et de l’essence « en augmentant un peu chaque année la fiscalité du diesel ». Il a également annoncé une prime à la conversion de 1.000 euros (non chiffrée au niveau global, non financée) pour les propriétaires d’un véhicule de catégorie Euro 1, 2 ou 3 qui s’en débarrasseraient au profit d’un véhicule hybride ou non diesel, neuf ou d’occasion. Il s’est également engagé à tenir une concertation avec les industriel en vue de la diversification de la production vers plus de voitures hybrides, électriques ou à hydrogène et à accélérer le déploiement de bornes électriques sur tout le territoire.

En visite dans une usine de fabrication de pièces de moteur diesel dans l’Aveyron en août 2016, l’ancien ministre de l’économie s’était agacé contre les mesures anti-pollution de la maire de Paris Anne Hidalgo qui « n’est pas ministre de l’Industrie » et avait estimé « qu’il ne faut pas faire la chasse au diesel ». En janvier 2016, alors que Renault venait d’être perquisitionné par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), il était monté au créneau pour soutenir le constructeur français dont la situation n’était selon lui « en aucun cas comparable » à celle de Volkswagen, qui avait truqué le système anti-pollution de ses moteurs.

La loi Macron a également libéralisé le transport par autocar, une mesure vivement contestée par les militants écologistes. Enfin, il a été l’artisan d’un accord très favorable aux sociétés autoroutières, signé en avril 2015. Celles-ci se sont engagées à financer 3,2 milliards d’euros de travaux en échange de l’allongement des concessions qu’elles réclamaient – un arrangement à rebours de toutes les recommandations parlementaires, de l’Autorité de la concurrence et de la Cour des comptes. Quand le militant écologiste Raymond Avrillier lui a demandé les nouveaux contrats de concession, M. Macron a refusé de les lui fournir. Le bras de fer s’est prolongé jusqu’au tribunal administratif de Paris, qui a enjoint le ministre de l’Economie de communiquer les fameux contrats, selon nos confrères de Mediapart.

L’agriculture n’intéresse pas beaucoup M. Macron

 

Emmanuel Macron s’est montré peu disert sur l’agriculture. Il a annoncé une enveloppe de 5 milliards d’euros pour aider les agriculteurs à « monter en gamme », sans préciser comment il la financerait et sans prévoir de soutien particulier pour l’agriculture biologique. Il a également promis 200 millions d’euros pour récompenser les services environnementaux rendus par les agriculteurs, sans donner plus de détails sur ce qu’il entendait par service environnemental. S’il a confirmé l’interdiction des OGM, il a néanmoins plaidé pour la poursuite de la recherche scientifique dans ce domaine - même bizarrerie que dans le cas du gaz de schiste. S’il a plaidé pour une « réintroduction harmonieuse et précautionneuse » de l’ours dans les Pyrénées et pour une certaine tolérance à l’égard du loup, il a tenu à préciser que les agriculteurs devaient « pouvoir réagir » en cas d’attaque – autrement dit, tirer.

Côté consommateurs, le candidat d’En Marche a annoncé un Grenelle de l’alimentation dès son arrivée au pouvoir ainsi qu’un objectif de 50 % de « produits bio, écologiques ou issus de circuits courts » dans la restauration collective – par « écologique », comprendre « labels et certifications moins lourds et contraignants que le bio », sans plus de précision. S’il a déclaré aimer « la formidable viande française » et continuer à en manger, M. Macron s’est toutefois montré soucieux du bien-être animal. « J’ai rencontré un éleveur finistérien qui avait installé des capteurs sur ses vaches pour mesurer leur bien-être », s’est-il enthousiasmé, avant de promettre l’interdiction de la vente d’oeufs en batterie en grandes surfaces à partir de 2025. Il s’est également engagé à la modernisation des abattoirs en s’excusant une nouvelle fois au passage pour les « propos maladroits » qu’il avait tenus à l’endroit des ouvriers – en 2014, il avait qualifié « d’illettrées » les ouvrières de l’abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère).

Au total, le programme sur l’environnement du candidat parait désordonné et imprécis, et laisse le sentiment d’une improvisation. Un confrère, qui a tenté pendant des semaines d’obtenir une déclaration de Macron concernant le respect des droits humains dans l’approvisionnement des multinationales, n’a jamais obtenu de réponse – sa chargée de communication a fini par lui raccrocher au nez. « Certes, Emmanuel Macron n’est pas un écologiste (…) mais c’est un homme qui sait évoluer », a plaidé Corinne Lepage pour justifier son ralliement. Il en faudra davantage pour convaincre les électeurs préoccupés par la protection de l’environnement.



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Lire aussi : Pour Emmanuel Macron, « le nucléaire est un choix résolument moderne »

Source : Emilie Massemin pour Reporterre
Images :
. dessin de © Tommy Dessine/Reporterre
. WWF : capture d’écran du compte twitter d’Emmanuel Macron
. péage autoroutier : © Laurent Mignaux/Terra


Source : https://reporterre.net/Macron-et-l-environnement-de-belles-promesses-un-lourd-passif

jeudi 16 février 2017

Brulls : PLUi - REUNION PUBLIQUE le 20 février 2017 à PRADES

On a reçu ça :

Bonjour,

l'annonce pour la REUNION PUBLIQUE le 20 février 2017 à PRADES (18h30 salle LOUSA) vient de paraître.

Le Collectif CEBTA lance un appel à tous pour aller y manifester notre intérêt et nos exigences pour la défense des terres agricoles dans le cadre du PLAN LOCAL D'URBANISME INTERCOMMUNAL (PLUi).

Si l'annonce précise que cette réunion publique "intéresse spécifiquement la population pradéenne", nous rappelons :

- que les enjeux du PLUi pour l'ensemble des communes sont soumis à la position centrale et principale de Prades dans le dispositif
- que l'avenir des terres des BRULLS à Prades dépendra de la mobilisation jusqu'à la fin de l'élaboration du PLUi et que cela concerne tout le Conflent

De Prades et d'ailleurs, allons-y encore nombreux.

L'assemblée de notre Communauté de Communes qui votera le PADD (Plan d'Aménagement et de Développement Durable), texte fondateur des orientations du PLUi se tiendra le VENDREDI 3 MARS à 18h30 (lieu non encore connu).

D'ici au 3 mars chaque commune devra valider par un vote en Conseil municipal le PADD. Merci de vous renseigner, et de communiquer au CEBTA les dates de ces conseils municipaux (et réunions d'informations communales) dans votre commune.